Ozzy Osbourne – No More Tears (1991)

Le jour se lève. Il faut choisir le premier skeud de la journée avant que les premiers rayons ne se glissent à travers la fenêtre. C’est le choix le plus difficile d’une journée si vous voulez mon avis : le choix qui implique la ligne conductrice à suivre.
Pop mélancolique et c’est sûr que la journée ne se déroulera pas de la meilleure des manières. Un gros hardcore et il ne faudra pas me faire chier. Un blues ? Loin d‘être adapté pour aujourd’hui. Parce qu’il faut faire gaffe, une erreur dans le choix et je passerais à côté de ma journée ! Je choisis l’album et il me choisit par la même occasion. Une infidélité et je le paierai de mon humeur.I1N2anR
Le temps de me dire tout ça que ma main s’arrête sur la pochette représentant Ozzy Osbourne, sobrement et simplement de trois quart face. Aucun artifice, rien. Pas un sourire et le regard fuyant. Seule une simple ébauche d’une aile d’ange sur l’omoplate vallonne la pochette de No More Tears. Se serait-il acheté une conscience ou assagi ? Je ne sais pas, mais en tout cas je le mets dans la platine. Juste le temps de me faire un café bouillant pendant l’intro’ et la journée commence !
Je m’arrête sur la pochette en émergeant et encore une fois je me dis qu’on est bien loin des visuels de ses débuts. Moins mis en scène, moins fun, moins coloré. Sage c’est le terme. Mais en aucun cas dans le son !
Je commence par connaître cet album par cœur, malgré mon ancienne réticence pour cette période post-Randy Rhoads. Et je sais ce qui m’attend : un défrisement dans les règles.

Ma période préférée du Prince des Ténèbres restera toujours du temps de Randy Rhoads à la gratte. Moins Blizzard of Ozz, mais Bark at the Moon et Diary of a Madman sans hésiter ! N°1 à égalité sur le podium de sa carrière. Je me suis longtemps arrêté à ses trois premiers, ayant peur que le passage de flambeau de guitare imposé par la mort de ce dernier à Zakk Wylde ne pourrisse le son et l’ambiance générale de la musique.
Mais c’était bien avant le succès (volé) du Guitar Hero aux harmoniques artificielles.
De quoi rassurer. On est bien loin du bouffon de scène kitsch à mort de nos jours qui nous sert de la soupe fade pour métalleux facilement impressionnables. Assèchement d’une recette, c’est l’exemple même d’une corde tirer bien au-delà de son potentiel de tension. Le fou ne s’est pas rendu compte qu’elle est pétée depuis un moment et qu’à part avoir l’air d’un clown rempli de gimmicks énervants il n’est rien d’autre.OZZY STUDIO 1990 NZ 7_1
On est au temps où le grand Ozzy Osbourne le prend sous son aile et lui donne la chance de sa vie pour s’exprimer. No more tears, sixième album et le deuxième que j’ai le plus écouté de Osbourne avec Bark at the Moon. Rien que ça.

Zakk Wylde à la guitare, ça s’entend clair et net mais c’est bel et bien du Ozzy Osbourne dans l’esprit. Je n’ai pas encore eu l’occasion de mettre l’oreille sur le précédent qui marque l’arrivée de Zakk. Mais ici la recette est respectée avec son timbre de voix si particulier, ses chansons entraînantes et ses quelques balades puissantes !
D’habitude les balades me paraissent fades, inutiles et sans intention à part alpaguer le public FM et faible.
Mais avec le Prince des Ténèbres j’ai découvert une nouvelle manière d’appréhender ces pistes. Chez lui ça a du sens : une émotion qui ne peut être racontée sous une autre forme. Ce sont toujours des pistes puissantes faites pour émouvoir le cœur des plus vaillants, les cœurs des plus froids. « Mama I’m coming home » ne fait pas défaut aux précédentes ! Et c’est l’une de mes préférées. Sûrement grâce à ses notes de guitares sèches aux teintes bluesy-country qui teintent la chanson.
Enfin bon, au final il n’y a pas à se justifier ni à avoir de raison. La mélodie me plaît, sa manière de poser ses mots et ses envolées lyriques aussi. Très US et démonstrative, elle n’est en aucun cas en retenue. Mais ce côté esbroufe me convainc. Par contre attention Zakk, n’abuse pas déjà de ces harmoniques artificielles. Connaissant ton futur je me doute que ça en énerve déjà plus d’un.
Outre sa balade l’album est du même acabit. Il me paraissait léger au début, de la faute du jeune prodige à la guitare pour sûr. Pour ensuite le trouver plus intéressant. On se rend compte que le côté gratte est parfait. Un son bien gras, avec des riffs bien pensés et efficaces (« Desire » et surtout sa fin avec ses quelques notes appuyées). Un côté Southern Rock US non négligeable qui évite une redite album après album. C’était énorme avant, maintenant ça a le mérite de changer un peu d’ambiance. Un son plus lourd qui convient parfaitement au Ozzy des 90’s qui semble tout sauf être perdu. Ses prestations sur « Hellraiser » ou « Zombie Stomp » n’en sont que témoins.
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Sans pasticher le son et les plans guitares, Wylde garde l’esprit et rajoute sa patte. Ça ne peut pas plaire à tout le monde et ses couinements deviennent à la longue peut être trop présents. Mais son côté rugueux est indéniablement réussi.
Le reste des membres du groupe ne sont pas à laisser sur la sellette. Un groove certain à la basse, notamment sur  « No More Tears », base du morceau en mode impro’ blues/métal à la guitare en accompagnement. Ou encore « Zombie Stomp » et « AVH » : exemples de classe instrumentale. Dès les premières secondes de chaque morceau tu sens que les choses sérieuses commencent. Une facette du band que je ne connaissais pas. Basse moins en retrait qui colore l’album. Ça ça me plaît !
Chaque morceau a son lot de surprises et a le mérite d’être découvert. Il convient pour les moments de la journée en fond, mais aussi à une écoute attentive.
Mon album du mois. Pas un jour sans que je ne l’écoute. Il est moins marquant que les trois premiers et aucun grand tube à l’image de « Bark at the moon » ou « Over the Mountain » n’en ressort. Même si des morceaux comme « Zombie Stomp » décollent le tout. Chanson parfaite dans les arrangements, les lignes de chants et la musique.
C’est simplement un bon album. Un album fun et naturel. Un album de libération après les nombreux problèmes qu’Ozzy a pu avoir avec la sortie du précédent (avec la maison de disque et avec sa femme de ce que j’en ai lu). Un skeud loin d’être prise de tête et de heavy respecté à la lettre.

Une manière idéale de commencer une journée en forme. Ça permet de s’évader du quotidien et d’aborder la journée dans le monde labellisé Ozzy osbournE.

Howard Bartleh

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