2001 : L’Odyssée de l’Espace (1968), Stanley Kubrick

2001-l-odyssee-de-l-espaceKubrick est un réalisateur qui m’a toujours plus intrigué qu’autre chose. Je ne me suis jamais posé la question sur la qualité de ses créations. J’ai vu Orange Mécanique puis Shining il y a quelques années, lors d’une ressortie dans un petit cinéma, juste pour une question de culture mélangée à beaucoup de curiosité.
Dérangé mais intrigué jusqu’au bout par le premier et absorbé lors du visionnage pour le second.
Grosse carrière pour ce petit réalisateur, il s’en est donné à cœur joie pour taper dans tous les domaines. Le péplum avec Spartacus, le drame psychologique avec Lolita, une espèce de film d’anticipation avec Orange Mécanique, le film de guerre avec Full Metal Jacket, la comédie dramatique avec Barry Lyndon et l’horreur donc avec Shining.
Comme par défi il se devait de toucher à tout, et je m’étonne de trouver absent le western dans sa filmographie.
Mais il n’a pas épargné la Science-Fiction, et voilà son témoignage.

« Space, the final frontier… »

J’aime l’espace et ce qui en regorge dans le cinéma. Dis comme ça c’est un peu niais, mais c’est vrai. Je ne suis pas difficile et tant qu’il y a du vaisseau spatial bricolé, des décors mal faits mais dépaysants et des races extraterrestres des plus farfelues j’achète. J’ai pris une grosse claque avec le premier Star Trek, et j’ai voyagé assidûment avec ceux qui ont suivi. Fidèle jusqu’aux plus récents depuis le « reboot » de 2011.
La série qui précédait était géniale et j’attends juste la bonne occasion pour m’attaquer à une autre facette de la SF : COSMOS 1999. Je trouve même sympathique Doctor Who et ses effets cheapement attachants. Et plus récemment j’ai adoré Interstellar de Nolan ou encore Guardians of the Galaxy de l’univers Marvel (même si là on s’éloigne du cheap et on atteint le blockbuster en bonne et due forme).
Avec 2001 je m’attendais au précurseur du mouvement spatial, de l’aventure et de l’épique à plein nazeaux. On ouvre toutes les écoutilles et on en prend plein les sens. Un film bourré de qualités et d’exemples pour les petits cinéastes en herbes qui ont suivi. Mes attentes étaient au plus haut et j’attendais le défrichement dans les règles. Mais à chaque fois quand on en attend trop, une grosse déception est à la clef.
Ici faute de déception, un gros parpaing douloureux dans la face… Et encore le mot est faible pour décrire ce que j’ai vécu. La dérive dans le vide intersidéral aurait été une expérience plus plaisante.

La bobine est découpée en 3 segments.
L’ouverture/introduction chiante à en mourir sur le berceau de l’humanité…
J’ai littéralement l’impression de me retrouver devant un spectacle contemporain. Aucun dialogue, de la musique classique à fond de balle et aucun intérêt dans ce qui nous est proposé de voir. Une bande de singes devenant les prémices de la race Humaine.2001-16
Je sens que tu veux faire de l’art Stanley mais il ne faut pas se foutre de nous. C’est raté malgré toutes tes tentatives, et ce n’est pas la vue d’un « monolithe » géant sous air de classique qui va me faire dire que c’en est !
Sous prétexte d’une belle image et d’un « propos intelligent » on colle cette étiquette à tout et n’importe quoi. Ça m’énerve et m’énervera toujours !
C’est à cause de ce genre de séquence que le véritable divertissement (que ce soit cinématographique ou musical) n’est plus rien et qu’on encense le vide artistique ! J’appelle ça la branlette de l’esprit, faite pour impressionner le pseudo bourgeois qui veut se sentir supérieur à la populace en cherchant des symboliques dans du rien pour se la raconter en société et en « soirée mondaine ». Mais manque de pot c’est totalement vide, dénué de sens et ça ne veut RIEN DIRE. Et ce n’est pas un bout de nichon avec de la musique bruitiste qui en fera de l’art.
Au moins il a ça pour lui et ne s’est pas rabaissé à mettre des laiderons à poil pour essayer de sauver les meubles et d’alpaguer la branche Telerama.
Merde, Hennenlotter ça c’est de l’art ! Des idées, du divertissement, du renouvellement et du rythme. De la classe et de l’inspiration. Des films comme BrainDamage ça a de la gueule et ça impressionne ! Ça me scotche au canapé. J’en redemande à foison.
Ce début de film : non !
Premier coup de gueule terminé, on quitte donc cette petite séquence (ça fait plus de 20 minutes que c’est commencé…) pour nous retrouver sur une station spatiale quelques millions d’années plus tard. Les choses sérieuses devraient commencer…
Malheureusement pour lui c’est aussi chiant que ce que le début laissait présager… pourtant le gars Kubrick fait un effort. Il met quelques dialogues. Mais rien à se mettre sous la dent pour tenir en haleine.
On assiste impuissant à ce qui doit être une prouesse technique pour l’époque. C’est sûr, filmer un paysage spatial et des vaisseaux ça claque méchamment. Surtout avec les moyens déployés. Et je dois dire que pour l’époque du film je suis clairement impressionné. On a rarement atteint ce niveau même des décennies plus tard. Mais quand ça sert un film, une histoire et une action c’est mieux. Je préfère largement du bricolé et bancal à souhait quand ce qu’on a sous les yeux est intéressant, sincère et plaisant.
2001-l-odyssee-de-l-espace-196-37-g
Une heure de film passée et je commence à me demander si ça vaut vraiment le coup de finir.
Aucune once d’intrigue sérieuse. Juste un dernier plan sur ce monolithe noir qui m’a tout l’air d’être là pour détruire ce film ! Avec toujours cette bande son naze, pesante et hors de propos.
Tombé de rideau et premier acte terminé. Il a voulu faire de l’art, on le traitera comme tel et je serai intransigeant. Entrée en scène du critique Bartleh, théâtre contemporain nous voilà.

Deuxième acte.
Bon je crie, je gueule mais je sais reconnaître la qualité. Je ne serai pas de mauvaise foi et on attaque sans aucun doute la partie la plus intéressante du film.
Je retrouve un peu de couleurs au visage et d’intérêt par la même occasion. On rejoint une équipe de scientifiques composée de cinq membres en route pour Jupiter. Seul deux membres sont éveillés et les autres en hibernation. Ils sont aidés dans leur mission périlleuse par une intelligence artificielle dernier cri et absolument incapable d’erreur : HAL-9000. Petit problème… c’est qu’HAL fait une malheureuse erreur de calcul. Une erreur lourde de conséquence pour ce beau petit monde.
Un bout d’histoire un peu intéressant et une intrigue qui pointe le bout de sa truffe…hal
Mais mon dieu, que ce film est rythmé avec des moignons. À chaque fois qu’un peu d’intérêt se montre, Kubrick choisit de se la raconter et de nous balancer des plans d’une lenteur incroyable, des séquences ennuyeuses à en mourir (l’entraînement du cosmonaute semble durer des heures à l’écran …) et des plans contemplatifs inutiles. J’aime la science-fiction, mais absolument pas me faire chier.
Et le pire dans le film, c’est que ces longueurs ne sont pas là parce que c’est mal fait ou qu’il y a un problème… dans ce cas de figure on peut le comprendre et presque le pardonner. Mais c’est voulu à 100 %. C’est bien ça le problème… je ne comprendrai donc jamais.
Bref, on suit notre équipage sur une bonne heure (alors que vu ce qu’il nous montre ça aurait pu durer moitié moins de temps facile) disserter sur le sens de la vie avec HAL le robot, seule figure intéressante qui pimente le film. Toute l’intrigue autour de lui est digne d’attention et remet en question l’intégrité humaine. Il paraît être le seul sensé et attachant dans le vaisseau. Mais son « instinct de survie » l’amènera au crime impardonnable.
Seul point à sauver du film… une idée secondaire du scénario. Film bien maigre. Et pourtant 2h30 dans la face : rien que ça !

Pour couronner le tout, le troisième et dernier acte… ou comment faire qu’un film tombe complètement à côté de la plaque. Vingt minutes à mater un mec qui scotche devant une chambre d’hôtel style victorienne. Dénué d’intérêt, de technique… la légende veut que l’acteur cherche encore le sens de tout ça. Bonne chance l’ami !vlcsnap-118782a.1191157361.thumbnailC’est pire que tout, je ne vois rien d’autre à ajouter.. à part qu’on touche le fond.
Et comme si ça ne suffisait pas on commence à creuser plus bas que terre, sans doute pour oublier la honte à la vision de cette bobine.

Je me sens trahi. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Pourquoi gâcher le film quand on a le potentiel de faire un film de science-fiction solide et intéressant ?
J’en attendais mieux, et ça aurait pu être tellement différent !
On garde le deuxième segment avec HAL et l’équipage du vaisseau. On développe les personnages, leur complicité avec l’intelligence artificielle et on passe à l’élément déclencheur : HAL n’est plus si fiable que ça. À partir de là on fait un film de tension dans l’espace, qui confronte la perversité et l’absence totale de conscience de l’humanité à la recherche de la perfection contre une victime qui ne lui reste que son instinct le plus primaire : la survie…incarné par HAL-9000.
À la place j’ai une bobine bâtarde d’histoire et de sens, encensée par les critiques et au statut culte… Mais pourquoi ? Elle n’a ni queue ni tête, est chiante et ne raconte rien. 2h30 de film pseudo-intelligent qui me laisse un goût plus qu’amer en bouche.
Certains crieront en lisant ces lignes, appelleront au Blasphème et me jugeront sur place publique. Je tiens donc à ajouter que ça n’engage que moi et uniquement moi. Un film qui, plus qu’indifférent, m’a légèrement énervé et que je n’ai sans doute pas compris.

La suite avec Shining, même si je suis bien refroidi et que j’ai peur d’être aussi ennuyé que celui-là.

Howard Bartleh

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6 réflexions au sujet de « 2001 : L’Odyssée de l’Espace (1968), Stanley Kubrick »

      1. Non, ce n’est pas la forme qui m’a déplu mais de détruire autant une « oeuvre fondatrice » de la SF… je l’ai découvert tardivement et même si ce n’est pas l’un de mes films préférées, on est obligé de lui reconnaître ses qualités. Il y avait quoi en SF avant 1968 ? Une grande partie de la SF ( dans l’espace^^) s’est inspirée de 2001, dont Nolan avec Interstellar 46 ans plus tard.
        Donc je ne dis pas qu’on doit aimer une oeuvre parce qu’elle est culte mais de là à en faire une critique assassine…

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      2. Ce n’est pas tant le film que je détruis en soit. Je n’ai pas aimé, c’est un fait. Mais je m’appuie sur le film pour détruire (et j’assume totalement) « l’intellectualisation de l’art ». Le théâtre c’est bien, le contemporain avec des choses totalement absurdes et en aucun cas artistique ça ça me tue. Pareil dans le musique et le cinéma. C’est ce que j’ai voulu retranscrire avec, et c’est ce que j’attaque. Pas le film, j’exagère le propos volontairement. Mais le fait que ça soit un précurseur n’en fait pas un bon film pour autant.
        Après oui il a des qualités, je ne les cache pas. Le deuxième segment, même si il a des longueurs est plutôt cool.
        Et il y avait des films dans l’espace avant lui. Dont Ikarie XB 1 qui ressort bientôt au cinéma d’ailleurs et qui (de ce que j’en ai entendu) a inspiré 2001. Moins connu, je ne l’ai pas vu mais je suis curieux !

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