Shaun of the Dead (2004), Edgar Wright

Alors qu’Edgar Wright défraie la chronique avec son jeune bambin Baby Driver, je n’ai qu’une seule envie : me replonger corps et âmes dans sa trilogie Cornetto ! Parce que c’est comme ça que je l’aime le gazier : plus minimaliste et entouré de sa fine équipe (Simon Pegg, Nick Frost & la bande des acteurs récurrents qui l’accompagnent, Bill Nighy en tête de liste). Peut-être que son Baby Driver me plairait (même si avec un nom pareil je doute), de même que son Scott Pilgrim VS The World. Ou peut-être pas justement. Mais ce dont je suis sûr c’est que sans sa troupe je n’ai pas vraiment envie de m’y plonger. Donnez moi du sang, des tripes, du monstre, du zombie, du sang, des blagues bien british, encore du sang et j’y fonce les yeux fermés. shaun_of_the_dead_ver2_xlg
Avec Shaun of the dead je suis servi. Premier volet de sa trilogie liée par l’hémoglobine et son premier vrai long métrage (après son entrée par le petit écran via sa série magique Spaced). Déferlante positive à sa sortie, Wright réussit son premier coup de maître en apportant une touche de fraîcheur à un genre en perte de vitesses depuis au moins 10 ans (à peu près au même moment que Snyder et son remake Dawn of the Dead). Un regain d’intérêt pour le spectateur surpris et une nouvelle fois conquis par le genre, pour un réalisateur ravit. Du positif pour tout le monde et surtout pour ceux aimant nager dans les tripailles en tout genre ! Mais ce n’est pas tant le film en lui-même que j’aime. C’est tout ce qu’il est. Il y a des films que l’on apprécie grâce à l’histoire, la mise en scène et les effets, la lumières – et y a ceux qui, plus que le film en lui-même, c’est toute l’expérience et la conception du film qui nous attirent. Ici, comme une grande famille, j’aime cette bande d’acteurs qui prennent leur pied sous l’œil avisé de ce réal’. L’osmose de toutes les molécules gravitant autour pour constituer le film. Et l’expérience m’en a été témoin, aucune déception dans sa trilogie constituée de cette même team. J’aime aussi cet humour débilement anglais que beaucoup peuvent détester mais qui me parle tout simplement (les plans pour sauver la mère et la copine – les origines de chaque clients du bar – le bar en lui même – et j’en passe…). J’aime cette réappropriation et mélange des codes des genres pour en faire une mixture personnelle : d’abord le sitcom mêlé à la pop culture avec sa série Spaced, le film d’action et d’enquête pour Hot Fuzz, le mélange des thèmes très King et paranormaux de The World’s End et bien évidemment l’univers zombie pour celui-là. Ce qui en fait le premier à la tête du trio évidemment.

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Pour parler plus spécifiquement du film, il est présenté comme un mélange d’humour bien anglais et de film de zombie. Chacun au même niveau : « une comédie d’horreur » si l’on veut (bon dieu que je hais cette étiquette). Coup marketing pour la campagne de pub, étiquette pour les journalistes et accro’ des titres-cases, ça n’aura servi qu’à ça. Parce qu’à aucun moment, pour notre soulagement, il n’a été pensé comme ça. Ce n’est qu’une succession d’actions, de plans, d’idées, de dialogues (bien écrits) et de jeu d’acteur voulu par un réalisateur passionné qui n’avait qu’un seul objectif : se faire plaisir et y aller à fond et sans barrière pour mettre en scène son kiff influencé par ce qu’il aime. Le légendaire exercice du premier film : il donne tout et ne se cloisonne avec aucune limite (peut-être dans le doute de ne jamais en refaire ensuite). Heureusement pour nous (et surtout pour lui), il nous pondra un pur film alliant effectivement l’horreur et l’atmosphère british.
shaun_hedLoin de s’empaticher dans l’humour (et surtout pas dans la parodie et la caricature), il fait un véritable film de zombies nuancé de quelques pointes d’humour jamais lourdes. L’humour n’aura qu’une place particulière dans le film, qui permettra une dynamique fluide et un rythme énergique. Parce qu’à côté de ça il suit une trame assez classique de la contamination zombie en banlieue londonienne. Shaun (Simon Pegg) n’a pas la vie qui lui sourit tous les jours (couple en péril, famille dessoudée avec l’arrivée du beau père qu’il a bien envie de dessouder et meilleur ami totalement à charge Nick Frost), et c’est avec l’arrivée de cette hécatombe qu’il décide de reprendre son destin en main. Mauvais moment me direz-vous. Que nenni, ça lui permettra de briller devant son public restreint, de reconquérir comme il peut sa meuf en perdition et de dire une bonne fois pour toute ce qu’il a à dire à la face des gens qui ont besoin de l’entendre. Point n’en faut plus, assez parler de la situation. Parce qu’ici ce qui nous intéresse, ce sont les zombies. Et contrairement à l’Abîme des Morts-Vivants ici on est servi. Après une intro’ subtile amenant le zombie de manière sporadique et maîtrisée, Il ne nous quittera pas une seule seconde. La menace est partout et les suit plan après plan. Que ce soit dans les jardins, les différentes habitations et surtout le Winchester ! Un véritable moyen de nous montrer tout ce dont l’équipe est capable. Éventration, tripailles qui volent dans tous les sens, hémoglobine en geyser et à foison, décapitations, démembrements, explosions internes et autres sévices dont ces pauvres zombies sont les victimes. C’est à se demander qui Shaun-of-the-Dead-1sont les bad guys dans l’histoire ? Cette horde de sdfs affamés en quête de nourriture ou ces richoux banlieusards qui, malgré le chômage pour certain, on un toit et de quoi se payer des cornettos et bières à longueur de journée ? Je vous laisse choisir… Enfin bref, le sujet reste bien simpliste et le traitement de l’histoire aussi. Mais loin de passer un mauvais moment, la réalisation et la manière de nous présenter les choses est tellement bien faite et pleine d’envie de bien faire que l’on ne peut qu’adhérer. C’est simple, sans prétention et sincère. Avec un charme à l’anglaise non-négligeable mêlé à une horreur débridée et horrible contre-balancée par ce ton décalé et de ce côté marginal des héros. Véritable exclu de la société (Shaun en mec lambda & Ed en chômeur de prédilection), ils se retrouvent dans leur élément. Il y a bien une justice dans ce monde merde ! Ce ne sont pas toujours les beaux gosses et les herculéens qui sauvent leur monde ! Enfin ils brillent. C’est chose faite, et de manière bien professionnelle et totalement maîtrisée. Ça fait du bien de voir une bobine du genre qui donne un autre angle d’attaque et tellement de passion. Le début d’une trilogie qui défonce (dans tous les sens du terme). Une trilogie habitée par la même façon de faire, sans tabou et simplement guidée par ses envies les plus profondes qui en font des œuvres uniques et reconnaissable entre milles. Toujours ancrée dans des fragments de vie qui se tiennent. Dans Hot Fuzz un petit village en pleine campagne anglaise (village d’enfance du réal’), dans the World’s End pareil. Ici ça sera la banlieue Londonienne avec comme héros un simple employé de magasin d’électroménager. Qui a comme meilleur ami le pote que tout le monde a connu : le flemmard qui se descend des bières plus vite qu’il ne descend de son canap’ pour aller se doucher. Et c’est dans ce quotidien classique que l’action prend forme. Un petit rêve pour tous de vivre ce scénar’ d’invasion zombie. Qui n’a jamais rêvé se réveiller dans un monde envahit de zombies ? Qui n’a jamais imaginé en taillant sa haie attraper cette tronçonneuse et défoncer des macabés ? Pas vous ? Ce n’est que moi ? Autant pour moi…
Aucune subjectivité pour moi, c’est clair et net. Je kiffe ce film sans aucune raison apparente. Il pourrait faire n’importe quoi avec les mêmes mectons que j’applaudirais Mr Wright !

Bon maintenant la donne a changé avec ses films, tel Baby Driver. J’espère qu’Edgar retournera dans sa petite famille et ressortira un film avec ses potes, mais une trilogie reste une trilogie et la fin sera sans doute une vraie fin. Pas de scène post-générique ni aucun indice en suspend… Pour conclure je dirais que ce film est simplement fun. Et je n’utilise pas « simplement » de manière péjorative. Je veux dire par-là qu’il nous divertit, et même avec un postulat de base simple on ressent le trip, le plaisir de faire et ça déteint sur nous. Smile on the face !

Howard Bartleh

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