The Return of the Swamp Thing (1989), Jim Wynorski

s6r9azkKBHo8O6LEsCwS94moerTJim Wynorski, habitué des grosses séries B bien crasseuses en tout genre (que ce soit en tant que réalisateur, producteur, scénariste ou encore acteur), profite du travail initial de Craven pour dépoussiérer le marais de la firme DC Comics et remettre sur pied The Swamp Thing le temps d’un deuxième long métrage. Il déterre le moisi et la terre boueuse pour mettre en scène une nouvelle fois Dick Durock sous les traits de la créature du marais (son meilleur rôle et de loin). N’ayant pas vu le numéro 1 je n’aurais aucun point de comparaison, mais cette deuxième aventure de ce héros de seconde zone ne brille pas par sa qualité scénaristique, visuelle ni par la palette étendue de pouvoirs du protagoniste.
Aux allures de téléfilms du dimanche après-midi inondant M6 ou même RTL9, le film prend la forme d’un véritable Monster Movie mettant en scène notre bon vieux pote Swamp Thing contre des créatures toutes droits sorties du dernier Power Rangers sous hormones craspec. Intro’ focus sur Sangsue man terrorisant les gens s’approchant trop prêt, expédié au tapis par le monstre boueux. N’ayez pas peur les amigos, notre bon vieux Swamp Thing est vraiment sympa et ne vous veut aucun mal. Seulement vous sauvez du Docteur Arcane (qui m’a tout l’air d’être déjà le bad guy du premier volet.. recyclage?). En quête de la vie éternelle, notre bon vieux Docteur Maboul se démène en fusion génétique homme/animal pour trouver le génome parfait qui le sauvera de la fatalité de la vie. D’où les monstres (LE monstre désolé…) divers et variés qui terroriseront les malheureux égarés dans le Marais ou encore les gentils enfants ne voulant que se détendre en matant des bons vieux clips MTV et revues porno de papa. Quoi ils sont un peu jeunes ? Arrêtez vous auriez fait pareil si vous viviez dans le même trou paumé. Même sans ça je suis sûr que ce programme vous est familier. Bref, ce n’est qu’avec l’arrivée de sa belle-fille, venue enquêter sur la mort suspicieuse de sa mère dans les bras du Doc’, qu’Arcane trouve la solution de son expérience maudite.
Rien d’original donc dans ce scénario qui n’aura pris que 58 secondes montre en main, pause sirotage café incluse, à nos déglingo de la plume pour écrire ce petit bijou de série B très profond. Il ne leur à pas fallu beaucoup plus de temps pour dénicher la brochette d’acteurs qui orneront nos 1h30 de film. Je ne dirais rien sur le trio Swamp thing/Dick Durock, Abigail Arcane/Heather Locklear et Doc’ Arcane/Louis Jourdan qui, sans être candidats aux oscars, s’en sortent bancalement correctement (et même avec la VF que l’on sent fait à la va vite et bien fandarde à des moments). Mais les autres sont tellement cheaps qu’on ne se demandent même pas deux secondes s’ils ont vraiment été acteurs un jour. Malgré ce petit point noir, ce ton chelou de parodie détendue avec ces doublages très mauvais donnent une atmosphère très second degré au tout. J’aime ce genre de bobine que tu arrives à cerner très rapidement. Avec ces costumes dégueu, ces évidences de scénarios, ces clichés gros comme des maisons et ce manque de moyens tellement évident, le Jim réussit à nous balancer une bonne bobine qui fini par être bien plaisante et totalement débridée. En dépit de ce côté cheap vraiment soutenu, il a un côté super attachant avec ce Swamp Thing Bisounours qui colle des tartes à tout va et qui rassure son petit microcosme de fans terrorisés avec son pouce en l’air ! heather-locklear-abby-arcane-return-of-swamp-thingC’est le genre de film totalement indéfendable en société, objectivement mauvais et totalement naze pour quiconque ne l’a pas vu, mais que tu aimes coûte que coûte. Enfin indéfendable pas tout à fait tellement j’ai le sentiment d’un bon moment passé devant. Il y a de bonnes choses ne soyons pas trop dur et même si le mood n’est pas très original et revu, il n’en est pas moins toujours efficace pour qui aime le genre un minimum. Bon on sent quand même le film ultra scripté qui ne laisse aucune place à plus de médiocrité : une alternance très soutenue entre enquête de la fille mêlée au déroulement du plan machiavélique du beau père et les scènes d’actions un peu toutes inutiles du Swamp thing défendant la veuve et l’orphelin, bien là pour nous rappeler qu’il est le héros prêt à en découdre au moment opportun. Et c’est au détour d’une de ces séquences qu’il rencontre Abigail et que l’acte final se met en place. Le complot prend finalement sens (il aura fallu aller chercher très loin) dans la boîte crânienne de nos deux protagonistes qui finissent par s’allier contre l’ennemi commun. En soi rien de fou, même si l’histoire d’amour un peu what the fuckesque qui se développe entre les deux est très très étrange face caméra et tellement niaise que ça en rajoute sur le côté cliché appuyé et un peu « lourdingue ». Mais cette romance nous récompensera d’une séance de tantrisme plus vrai que Nature. Enfin bref passons, ce qui est intéressant c’est le pêle-mêle du film qui pourrait être un véritable fourre-tout casse-gueule sans queue ni tête, mais qui arrive à trouver un point d’équilibre (je-ne-sais-comment-Jim-arrive-à-faire) entre tout ça. Il y a d’abord un croisement évident de Creature from the Black Lagoon avec ce Swamp thing incompris et The Picture of Dorian Gray avec ce Docteur obsédé par la jeunesse éternelle (et ce plan insistant sur son portrait illuminé par la mort…littéralement un crâne recouvre son visage à chaque flash lumineux). Et on rajoute à ce patchwork un petit pan Goonies avec ces deux gogols de gosses en quête de photographier la créature pour devenir riche en vendant les clichés au journal du coin (American Dream quand tu nous tiens, même au berceau tu ne nous lâches pas)… Un rajout ma foi fort inintéressant, mais assez drôle en voyant le comportement décalé des gosses. On n’a qu’à voir les punchlines qu’ils balancent quand the Swamp Thing décide de leur prêter main forte. Camp d’habitation en destruction, ils ont eu la peur de leur vie face à Sangsue man et le petit blackos ne trouve qu’à dire « hé mec, les monstres se sont donnés rencard ici ce soir ? » trait d’esprit ma foi fort à point pour ce gosse de 10-14ans max. Il ne manque plus qu’un festival d’idées qui partent dans tous les sens et on obtient ce qu’est ce film. Avec par exemple ce badguy machiavélique qui se met en pleine nuit à jouer de l’orgue tel un comte vampire en mal être absolu. Cliché n’est ce pas ? Mais tellement grisant. Pareil pour ces mercenaires plus cons les uns que les autres qui remplissent tous les critères du cahiers des charges du méchant incompétent du film de seconde zone. On déplorera quand même le manque de danger pour notre héros et sa copine qui ont plus l’air de se faire leur petite promenade dominicale que de combattre le mal absolu.

Ce film n’a jamais été fait pour l’élite de ce monde, loin de là. Mais m’attendant à la pire bouse des années 80 je me retrouve entre les mains avec un condensé de fun en 1h30. Le métrage va un peu vite par moment et saute sur des conséquences un peu hâtivement mais ce n’est en aucun cas un problème sur le tout. Peu original, prévoyant au possible et beaucoup trop gentil (à la limite du film pour enfant quand même) ça ne m’a pas empêché de passer un bon moment et de ne jamais m’ennuyer. J’ai du mal à le considérer comme un film tellement il ressemble à un épisode d’une série comme Wonder Woman ou Superman, mais il est plaisant et trouve son petit côté charmeur dans ce gros bordel d’idées et son rythme haché.

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PS : En commençant le film je voulais faire un petit point sur la bande son du film. Je la trouvais catchy et très adéquate avec le ton. Mais tellement peu diversifiée et des fois tombant comme une couille dans le potage, elle m’a vite saoulé sur la fin du film. Donc idée aux oubliettes !

Howard Bartleh

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