Chair pour Frankenstein (1973), Paul Morrissey

Chair-pour-FrankensteinOn attaque ce mois-ci d’une manière bien bancale avec la revisite du mythe de Frankenstein par Andy Warhol et sa clique. J’ai nommé Chair pour Frankenstein. Le ton est donné, et je ne mentirai pas. J’ai détesté ce film. Pourquoi en parler alors ? Déjà pour m’enlever de toute cette frustration de voir à l’écran l’un de mes monstres favoris salopé et aussi pour expliquer mon point de vue tout simplement. Dire que je le déteste, que c’est nul ou de la daube c’est bien trop simple malheureusement…Et je ne m’en tirerai pas aussi facilement.
Donc Andy Warhol se lance dans le milieu des années 70 dans un cycle de revisite de monstres bien connus : Chair pour Frankenstein en 73 et Du Sang pour Dracula en 74. Chacun avec une jaquette magnifique, qui m’a poussé à l’achat pour le premier. Toucher à un mythe est très casse-gueule, surtout pour un artiste aussi barré que le Warhol qui inspire plus les intellectuels que moi malheureusement. Mais bon passons, je n’avais aucune idée de l’aventure dans laquelle je m’embarquais et j’étais naïvement convaincu d’être heureux de cet achat. Focus sur le film s’il vous plaît et ça part déjà très mal : dès le début on sent l’embuscade à plein naseaux…
La noblesse du Baron Frankenstein est remplacée par un Udo Kier en mal de sentiments, accessoirement nécrophile, à la recherche de l’être parfait. Et mon dieu ; que Satan m’en soit témoin, j’adore la gueule d’Udo Kier… Le genre d’acteur que tu n’oublies pas, au devant de l’écran même dans des seconds rôles. Mais il ne sauvera malheureusement pas la pellicule. Notre Herr Kier nazional est à la tête de la création d’un être exceptionnel. Un être parfait et assez obsédé sexuellement parlant pour vouloir forniquer avec n’importe quelle femme pour repeupler la planète. Évidemment il a pensé à tout et a créé la concubine zombiesque parfaite pour faciliter la chose (il ne faut pas avoir peur de l’odeur, c’est moi qui vous le dis). Un peu dérangé le Doc’, mais sans doute à cause du fait que sa femme soit malencontreusement sa sœur. Bien sûr ça les arrange lors de repas de famille. Moins de monde à inviter, et ça évite de se forcer pour faire la conversation. Vous pensez que c’est une blague de ma part et c’est bien normal. Mais même pas… le scénario le souligne amplement lors de la scène de dîner partager en petit comité.

Un scénario bien bancal pour ma petite personne servant un des films les plus durs qu’il m’ait été donné de voir. Le film alterne entre les scènes du baron gorement peu crédibles et nécrophiles et une sorte de mauvais porno des années 70 entre la sœur/baronne et un paysan trouvé au hasard de la brousse déserte des terres de cette noblesse. chair_frankensteinRien n’arrive à sauver le film, les dialogues sont vides, creux au possible et parfois sont mêmes une excuse aux scènes les plus nazes du films : « pour voir la mort il faut baiser la vie » …mais oui Baron, lâche-toi sur ce cadavre. Ne sois pas timide et ne sois surtout pas gêné de notre présence ! Et même sans ces dialogues, les situations sont toutes plus farfelues les unes que les autres… Un pique-nique qui brille …par son absence de pique-nique. Un repas partagé entre les créations du baron, sa sœur/femme et ses enfants accompagnés des servants en témoins de cette scène étonnante. On poursuit avec une mort de Frankenstein à la perfection du mauvais jeu (oups petit spoil… en même temps tant mieux, ça t’évitera le pire calvaire que tu n’ai jamais eu à endurer). Pour faire simple : un enchaînement de situations toutes plus putassières et sans intérêt les unes que les autres, avec de mauvais acteurs. Aucun dialogue, absolument RIEN n’éveille la curiosité. J’ai failli ne pas tenir devant le film, et je n’ai pas arrêté de me poser des milliers de questions : Pourquoi faire ce film ? Pourquoi le sortir ? Comment regarder ça ? Quel public visait-il ? Mais j’ai fini par arrêter. Dans le fond on n’en a rien à foutre. Chaque film a son public et je ne critique absolument pas ce dernier. Mais hermétique à ce film je l’ai été. J’aurais dû me méfier de la mention Andy Warhol sur la jaquette du film, mais j’ai manqué de vigilance.
C’est un film faussement intellectuel. Le genre de film auquel est apposé l’étiquette artistique dans les hautes sphères. Il doit y avoir tous les ingrédients. De l’hyper sexualisation de chaque situation, des sujets normalement tabous dans la personne du boucher nécrophile Frankenstein et choquant comme l’inceste. Un défilé de scènes de sexes réellement malsaines (je suis d’habitude peu choquable) qui sert ici de voyeurisme intellectuel. Bordel, même le sexe (chose qui aurait pu me faire comprendre un tant soit peu un succès même minime) est d’un chiant et asexué pour le coup. Rien d’excitant pour lever le barreau ne serait-ce que de quelques centimètres.

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Ce film n’est même pas gore (espoir que j’avais en voyant la jaquette et en voyant le nom de Frankenstein dessus). Oui y a du sang…mais aucun contexte à servir, juste du sang pour un public pudique émoustillé par ce peu d’hémoglobine et surtout ces frères et sœurs se rentrant littéralement dedans devant le regard curieux de leur progénitures… Tout ça à but éducatif pour leur montrer la voie à suivre je suis sûr. Tout ce que je déteste… Un film d’un ridicule si vous voulez (encore) mon avis… Lent à démarrer…si il démarre un jour, les décors sont à revoir (il n’avait pas de budget l’ami Warhol?), la musique affreuse, ainsi que le casting. Udo Kier est insupportable…une tête à claque ma parole ! Comme la moitié du cast. Seul le héros est un minimum convaincant et « humain ». C’est un film qui soulève plus de problèmes que de divertissement… Je suis en train de me demander à l’heure actuelle si je suis vraiment sain d’esprit et normal d’avoir vu ce film jusqu’au bout. On parle de Troll 2 comme film le plus mauvais de l’histoire du cinéma, j’ai gueulé devant 2001 : l’Odyssée de L’espace… Je m’en excuse, j’ai trouvé ce film presque pire.
Je suis maintenant calmé… J’ai envie de me dire que j’ai bien fait de le regarder pour la seule scène qui m’a fait rire : le valet-héros de l’histoire, qui décide de partir du château après avoir découvert les expérimentations du baron, baffe la baronne magistralement en lui rappelant son titre : « GROSSE PUTE ». Ça j’avoue c’est efficace. Mais deux secondes sur 1h30…. Bilan pesant beaucoup plus vers le contre que vers le pour.

Je trouve ça triste à quel point on peut bâtardiser une œuvre si puissante, un film iconique et mon film préféré de la Universal. Dans son absence de qualité et dans sa médiocrité je me sens souillé, contaminé, fou et malade… Il n’y a qu’un seul moyen pour me soigner. Frankenstein. 1931. James Whale.

Howard Bartleh

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