Charles Bernstein – Wes Craven’s A Nightmare on Elm Street Original Motion Picture Soundtrack (1984)

retro_nightmare_on_elm_street_soundtrack_jacket_by_terryseatsndawgs-d9ekmunDans la vie on se doit de faire des choix. Vivre dans le fond d’un cimetière, réorganisé en QG de Film Reels from Outer Space, en est un. On se dit aussi qu’on a pas le temps de tout faire… Entre la paperasse administrative, le travail, les obligations personnelles à droite et à gauche, les excursions aux quatre coins de la France pour concerts et différentes conventions (voir pousser le vice jusqu’en Belgique avec le  Retro Wizard Day), on se dit que le sommeil n’est pas si important que ça. Où trouver le temps de bouquiner, regarder des films ou écouter de bons disques ? Impossible… c’est dans cet état d’esprit rebelle contre nature, embrumé de déterminations (et de fatigue surtout) que j’enfourne la platine de ces sillons démoniaques… Un moyen de finir la soirée calmement et en pleine immersion dans quelque chose qui ne me demanderait pas trop d’effort… Mais comme je me suis trompé. À peine les premières notes tombent que je replonge tête la première dans le film. L’envie pressante d’écrire sur le tout m’envahit avant même que je n’ai eu le temps de dire ouf. Quelle heure est-il ? Pas d’importance, dormir c’est pour les faibles.
Première B.O placé sous la loupe auditive de nos locaux poussiéreux et pas n’importe laquelle. A Nightmare on Elm Street. Soit le film le plus réussi de ces trente dernières années dans le fantastique et l’horreur. Chef-d’œuvre de Craven, jamais égalé et pourtant singé un bon paquet de fois, faisant passer une grosse partie du reste de sa filmographie pour du cinéma de seconde zone. Mais qu’importe je ne cracherai jamais sur le réalisateur ayant enfanté le boogey man-croquemitaine le plus cool qui puisse exister. Quel plaisir de retomber dans le film (que j’ai vu un milliard de fois au bas mot) avec cette B.O. signée Charles Bernstein. charlesbernstein3On sent que Carpenter n’était pas loin au son des synthés, mais là n’est pas la question, le talent est dans ces arpèges lentes, cauchemardesques et quasi stridentes. Un Main Theme culte & iconique que tout le monde saurait reconnaître, même dans un brouhaha furieux, au milieu d’une tempête ou d’une déflagration nucléaire. Décliné sur la totalité de cette bande son, dans des passages plus rapides ou plus lents (même mêlés de mélancolie… et oui c’est possible) et changeant au gré des scènes. Décliné mais jamais répété ! Moi qui pensait m’ennuyer peut-être un peu en l’écoutant (et ouais regarder un film sans le son ça le fait… mais regarder un film sans l’image légèrement plus dure!), j’y trouve mon compte. Ambient teinté de samples légers et fantomatiques (comme le bourreau des rêves suintant le « Tina » dans un murmure frissonnant) alternant avec les pistes de courses poursuites bruitistement quasi-électroniques au percussions tambourinantes. C’est sûr sans l’image un peu d’impact est perdu, mais fermer les yeux m’aide à retrouver cette gueule brûlée défoncer deux-trois teenagers façon artisanale. Revivre ce moment qui m’a tant marqué… Le film d’horreur par excellence mettant en scène une sorte de vigilante boogey man cherchant à se repaître du sang de la progéniture de ses bourreaux à travers le cauchemar le plus pur. Un scénario aussi inspiré que la mise en scène l’est. Pas étonnant que cette B.O. soit aussi qualitative.

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Ce qui ressort de cette B.O. c’est la réussite à faire ressortir toute la fantasmagorie propre au film. L’ambiance fumeuse et oppressante du rêve macabre et tueur. Que ce soit dans l’instrumentalisation simple, avec ses percussions dans le lointain et cet orgue brumeux ou dans les ajouts à l’écoute de petits samples éthérés du film (le très fantomatique « Tina… »). Une musique composée uniquement dans une optique horrifique. Bien loin de ce que les Fat Boys feront pour le 3ème opus (même si ce n’était qu’une piste à but purement marketing et « humoristique »). Un bon moyen aussi de voir l’étendue de la force de jeu de Robert Englund dans le personnage qui, sur un postulat de départ d’ambiance horrifique, arrive à créer un boogie man sadique et masochiste qui se fend la poire (et nous la fend par la même occasion).

Et comme dirait l’autre : « Il n’y a pas de grand film sans grande B.O. »

Howard Bartleh

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