Pacific Rim (2013), Guillermo Del Toro

21008109_20130524124818714Alors que d’un côté Jackson Teller (Charlie Hunnam) délaisse ses motos et conflits père-fils, qu’Idris « Luther » Elba raccroche son imper’ de Sherlock et se remet de son expérience de baron de la drogue de The Wire, Guillermo del Toro lui met de côté ses projets un peu plus personnels pour revenir dans le monde du gros budget gentiment effleuré avec Blade II et ses deux opus de Hellboy. Un film new generation réunissant encore une fois une équipe qui en a dans le calebard → Blockbuster nous voilà avec son film le moins « personnel » et le plus simpliste qu’il ait eu la chance de faire : PACIFIC RIM. Mais qu’importe où il met les pieds (surtout dans la gueule), le film restera estampillé Guillermo Del Toro’s style avec son univers bien particulier. Un aspect digne d’admiration… Bien sûr, ce film n’a pas été choisi par hasard puisqu’il met en scène l’un des hommes les plus charismatique du monde. Mais avant de s’étendre sur le sujet, il faut bien évidemment savoir de quoi on parle et planter le décor proprement et simplement.

Dans un futur très proche, le monde est obligé de s’unir contre une menace plus importante que les querelles puériles internationales ou contre le terrorisme puant. On la pensait venir de l’espace, mais l’humanité ne se sera jamais autant fourvoyée puisque la menace viendra des profondeurs. Devant l’immensité des bestiaux qui s’attaqueront à la race humaine, cette dernière développera ses propres monstres capables de rivaliser un minimum. Trop puissante pour être contrôlée par un seul homme (mort assurée par quiconque essaye…), ces exo armures auront besoin de deux pilotes. Un programme est donc développé pour laisser place à ces pilotes connectés par le cervelet : le Projet Jaeger. Devenu presque un jeu pour ces humains (comme à chaque fois qu’on leur en laisse l’occaz’), les pilotes sont élevés au rang de rock-stars tiraillés entre succès TV et leur boulot de défendre la planète de ses parasites. Charlie « Raleigh » Hunnam en fait partie, accompagné de son frère, jusqu’à ce que l’impensable arrive : les Kaijus ont été sous-estimé et gagne du terrain semant cadavres et destructions. Programme remis en question, faiblesse face à l’envahisseur, une tête pensante mondiale partant dans tous les sens… Une situation explosive dont les humains perdent totalement le contrôle. Rien de mieux pour eux alors que de créer des frontières et des murs pour espérer empêcher les pires catastrophes. Même si comme on le sait, cette vision ne sera jamais la bonne solution, n’en déplaise à un certain Donald. Une peine aussi pour Idris Elba (Général des armées à la tête du projet & futur leader de la « Résistance ») qui aura le cœur déchiré en voyant son programme mis au placard… Qu’il défendra coûte que coûte.

guillermo-del-toro-pacific-rimUn film au pitch assez simpliste pour le coup qui est mis en valeur par une certaine richesse de casting. Outre Charlie Hunnam, qu’on a pris l’habitude de voir via les Sons of Anarchy, c’est un véritable plaisir de retrouver Idris Elba (bien plus rare à l’écran depuis la série anglaise Luther) avec un rôle de chef qui sait où il va et qui semble sans pitié. Aidé par sa voix unique et puissante, il n’hésite pas à bousculer ses petits soldats pour avoir ce qu’il veut : « Haven’t you heard, Mr. Beckett? The world is coming to an end. So where would you rather die? Here? Or in a Jaeger? » (le mecton pourrait dire n’importe quoi que ça aurait de la gueule !). Il laisserait presque le choix… j’ai bien dit presque puisque Raleigh n’hésitera pas deux secondes pour rempiler alors qu’il avait raccroché son veston de soldat pour de bon. Mais il ne faut pas nous prendre pour des buses, derrière ces airs de tyran se cache un homme qui en a vu beaucoup et qui fera tout pour défendre ses hommes et sa patrie qu’est la Terre, ainsi que de prendre la place vacante de mentor pour Raleigh. Quoi vous avez dit classique ? Je réponds oui, mais efficace, et avec un acteur de la trempe d’Elba ça marche sans qu’on se pose trop de questions. Avec tout ces ingrédient on rentre dans un film très formaté, très grand public et une passerelle marketing pour exploiter un public d’éternels enfants (via les figurines de mécha et monstres diverses le transposant en film à jouet évident) ! C’est à se demander pourquoi j’ai passé un bon moment devant. Mais tout ça ne l’empêche pas de réunir tout ce qui faut et surtout tout ce qui fait du cinéma de Del Toro un cinéma passionnel et passionnant.
Pacific_rim_slatternMalgré le budget et une hypothétique pression de producteur/studios, Del Toro ne se retient pas et profite de cette explosion de moyen pour s’exprimer, même de manière bridée. On a le droit à des monstres magnifiques (même si assez discret dans cette atmosphère trop sombre), très influencés de son amour pour Lovecraft et de l’univers de la Toho (Godzilla and Cie). Lovecraft parlons en d’ailleurs : Il n’est jamais loin et restera une grosse influence de l’ami dans tout son univers. Rien que sur le grand thème du film et de la terreur de ce qui se cache dans les profondeurs on ressent son esprits planer au dessus du film. Ainsi que dans le visuel de ces Kaijus tentaculaires et massif au possible. À côté de ça, on reconnaît les idées graphiques propres au réal’ tel que les russes aux tenues combats très steampunk (non sans rappeler le ninja nazi de Hellboy). Il faut retenir aussi ses idées de mise en scène bien mirifique à l’écran, tel que le plongeon dans le souvenir problématique de Mako lors du drift (connexion neuronale des deux pilotes des Jaegers) insistant sur l’isolement des deux compagnons avec une couleur parfaite dans la scène et cette mise en aparté accentuée par la noirceur du plan (j’ai toujours fais attention au choix des couleurs et suis très sensible à ça. Une raison pour laquelle je suis toujours fasciné par le travail d’Argento et cie). D’ailleurs en parlant de Drift, tout cet aspect de pilotage des titans est assez original pour le pointer. Pour faire simple, la machine trop imposante et massive demande trop d’effort pour un unique pilote, qui périrait sans demander son reste. Le programme développera donc un système de connexion entre deux êtres pour être capable de faire face (connexion plus profonde que le sexe mais beaucoup moins drôle…je vous le garantis).
Pour conclure, le film sera plus intéressant dans la manière de présenter et de mettre en scène l’action que la profondeur du scénario, très téléphoné, classique et attendu (thème de vengeance d’un côté, de devoir patriotique d’un autre, perte de l’être cher qui te fera vivre reclus mais revenir aussi dans le cœur de l’action). C’est loin d’être le meilleur Del Toro, voir le moins bon, mais il nous donnera du spectacle à coup sûr ! Et c’est au final un film sympathique qui permet de compléter la collection du réal’. Bien sûr on lui préférera son Labyrinthe de Pan ou même ses Hellboy qui seront plus poussés et expressif dans son art. Mais pour un « blockbuster » ce n’est pas non plus honteux et même assez remarquable dans la mesure où on fermera les yeux sur l’originalité et la prise de risque. Un film agréable qui est…

pacific-rim-perlman…au final un bon moyen d’ouvrir un nouveau chapitre sur la vie et la carrière riche, modeste et impressionnante de qualité de Ron Perlman, fait plus important que le film en lui-même. Bien que son jeu post 2010 reste bien souvent dans le même registre, peut-être dû à son expérience approchant la dizaine d’année dans le rôle de Clay Morrow des SoA, il n’en est pas moins plaisant à voir à l’écran. Le voir se mouvoir avec tant d’aisance et de classe est toujours un délice. Même dans des apparitions plus proches du caméo que du personnage fort ou d’un second couteau. Ouverture de rideau sur Hannibal Chau : personnage tout aussi marquant que son nom le laisse à présager ! Il apparaît quoi… cinq minutes montre en main à l’écran, mais on se rappelle tout de suite de ses apparitions de receleur et baron du black market chinois. Vétéran, mafieux, arnaqueur et gueule de pitbull à qui on ne l’a fait pas. À la hauteur de ses menaces, il en est aussi badass ! Et personne au monde, autre que Perlman, ne peut porter cet attirail sans paraître ridicule. Il aura la classe, quoiqu’il arrive je vous dis. Jouant du couteau comme de la langue de Shakespeare, rien ne m’offrira plus de plaisir dans le film que son apparition. D’ailleurs maintenant que ça fait quelques temps que je n’ai pas vu le film, les seules séquences dont je me rappelle sont les siennes… Si ça ce n’est pas une preuve.

RON PERLMAN mes amis !

Howard Bartleh

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