Michael Jackson – Thriller (1982)

81gsnp5BwWL._SX355_Je suis loin d’être un fan ou même quelqu’un qui écoute régulièrement le gars… Mais je ne sais pour quelle raison quand j’ai vu cet album sur l’étal je me devais de l’acheter. Un peu comme si ce « classique » (tout est relatif) devait apparaître dans la disco’. Fausse image, formatage de la conscience collective qui m’a enfin rattrapé et contaminé ? Ce qui est sûr c’est que cet album prend un peu la poussière. Je le sors qu’une poignée de fois par an, et c’est souvent dans les fins d’année. Peut-être le côté festif… ou ce je-ne-sais-quoi d’esprit de Noël qu’il me faut. C’est simple, pas prise de tête et efficace. Peut-être aussi le fait que ça passait souvent à la radio pendant les fêtes étant plus jeune qui me pousse à faire le rapprochement. Sans être un album dingue on passe un bon moment mais surtout il a le ton kitch et glamour presque paillette/costume. Un peu le même effet qu’un Sinatra qui passe à la radio lors du réveillon de Noël, toujours content quand un petit « Billie Jean » anime la dinde farcie (bah ouais les gars, ça pourrait être le pitre d’Orelsan ou encore pire…Nekfeu).

Je serai honnête, il n’y a qu’un seul morceau que je trouve réellement bon dans l’album. De part son clip et tous les ingrédients utilisés dans la tambouille, et ça sera le morceau éponyme. La chanson parfaite pour un Halloween très soft, mais surtout pour Noël quoi. Avec le court-métrage on y retrouve ce côté cartoon festif (le même que dans Crimewave dans le fond), de latex et de rêve servit sur un plateau d’argent. Ça me renvoie toujours au souvenir de réveillon devant la TV à s’endormir sur Gremlins et Cie ! Avec en plus un Vincent Price complice du méfait on ne peut pas demander mieux. À vrai dire, comme on a toujours le besoin de se justifier, c’est pour ce morceau que j’ai acheté l’album. « Beat It » m’avait déjà bien saoulé depuis longtemps (la chanson que n’importe qui te fait écouter en soirée en pensant que le solo de Van Hallen te ravirait TOI fan de métal) et « Billie jean » est bien trop simpliste… . Le reste de l’album n’en parlons pas. Un rassemblement de morceaux lover-funk-soul sans grands éléments accrocheurs, voir des chansons totalement ridicules (la troisième piste et son monologue pour la paix). Bilan ? Je préfère sans aucun doute son BAD, qui pointe plus l’efficacité et le côté grosse machine à tubes Pop que celui-là.


thriller-posterMais bon je vous vois venir à des kilomètres, à me pointer du doigt bien facilement et dire « oui mais tu gueules toujours sur tout » « patati patata ». Donc je n’irai pas plus loin, et ne froisserai pas plus les Jacksonnets et Jacksonnettes ! Mais ce n’est pas pour autant que c’est fini. On jette toutes ces ballades mielleuses pour se focaliser sur l’important : la MAGIE. Cette American Way de faire les choses en partant de rien, avec cadre fait de bric et de broc, de toc mais féerique. L’American Dream en puissance : y a pas à dire les USA savent faire rêver. Thriller avec ses claviers enrobés, sa mélodie catchy et efficace.
Car j’ai eu la merveilleuse idée d’avoir le petit DVD avec les courts métrages de l’album, dont ce Thriller réalisé par John Landis (Blues Brothers, An American Werewolf in London). Et rien que pour ça je ne regrette absolument rien parce que dans cette petite pépite de quatorze minutes il y a absolument TOUT. Avec un scénario basique (en quatorze minutes on n’en aurait pas douté), on passe du film de Loup-Garou défonçant des arbres à la Teenwolf 2.0 (je parle de l’original avec Michael J. Fox… non pas la série qui fout plus la gerbe qu’autre chose), au teenmovie classique, entre Michael Jackson et sa petite copine qui m’a l’air de l’avoir dans la peau, puis au film de zombie rempli de latex, de sang et de classe tout simplement. Les mecs se font plaisir y a pas de doute.
C’est drôle comme pendant un soir de Noël illuminé de guirlandes, on peut se laisser happer totalement et sans aucune arrière pensée dans un moment d’innocence pure. On sent bien que c’est un clip musical, ça chante et ça danse comme jamais. Mais à aucun moment je n’ai remis en cause la simplicité du scénario et c’est toujours aussi drôle de se laisser prendre par les sentiments rebondissements, aussi téléphonés soit-il. L’histoire du Loup Garou attaquant sa copine en détresse n’était qu’un film d’horreur que le M.J. voulait montrer à sa copine pour lui faire baisser sa garde et la harponner sec au niveau du palpitant à coup de bras sur les épaules et mains bien baladeuses sur la cuisse. Mais la jeune fille ne se laisse pas prendre et elle déguerpira de la salle aussi vite qu’elle a dû y entrer. Ce n’est pas pour autant qu’il se dégonflera et il s’en va gaiement lui chanter ce que l’horreur cache et représente. Du fun en barre qu’il lui promet. Un bon prétexte pour se grimer en zombie ! Évidemment la belle, encore moins farouche qu’on aurait pu l’imaginer, va prendre peur une seconde fois… Mais on ne lui en veut pas parce que ça permettra d’avoir une éternelle scène d’invasion zombie sur maison fragile ma foi bien réalisée (encore une fois on n’en aurait pas douté avec Landis derrière la caméra!). On se rendra bien vite compte que la belle aura tout imaginé à notre plus grande tristesse de voir notre fantasme de film d’horreur devenu réalité ne pas se réaliser.

Michael-Jackson-and-John-Landis-on-the-set-of-the-Thriller-music-videoQuatorze minutes de pur plaisir donc, tant qu’on n’est pas allergique au fils Jackson et à la danse, où s’enchaînent décors dingues (le cimetière brumeux rempli de zombies, la maison éclatée à la façon Nuit des Morts Vivants) et des maquillages fous signés Rick Baker (petit génie du make-up qui a enchaîné des travaux aussi fou que American Werewolf in London de Landis, Videodrome de Cronenberg, une pelleté de Carpenter dont Starman et tellement d’autres dont Star Wars…amateurs d’effets bien à l’ancienne foncer voir son travail dingue).

Encore une belle preuve que le cinéma d’horreur et la musique font bon ménage. Et une fois n’est pas coutume, dans un autre registre que le métal et ses dérivés.

Pour conclure, ce que j’aime dans ce court métrage c’est ce respect du cinéma de genre qui est instauré. Avec une star de cet acabit, on aurait vite fait d’effacer tout pour être au devant et se mater le nombril en dansant. Mais même s’il est évidemment au centre en tant que personnage principal, toutes les monstruosités sont à l’honneur (avec même des solos de zombies dansants dans le cimetière, oui oui je vous le jure) avec gros plan sur faciès ignobles et sang dégoulinant. Un petit métrage qui sauvera l’image du bonhomme à la face du monde ! Ou tout du moins la mienne…

Howard Bartleh

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