Cathodic Overdose N°1 (2015)/Cathodic Overdose N°2 (2016), Mighty Matt’

cathodic-overdose-01Mettre en pause un bouquin pour en attraper un autre ce n’est pas du tout mon style… plutôt mourir j’aurais eu envie de dire. Je suis plus du genre à finir le gros pavé avant de faire quoique ce soit quitte à n’en plus dormir. Et pourtant c’est ce que j’ai fait pour entamer ce tout premier Cathodic Overdose. Pour tout vous dire il le fallait… Après avoir enchaîné des discussions enflammées avec le taulier sur qui de Charles Band ou Roger Corman était le plus amoureux du genre, qui était le vrai Batman entre Val Kilmer et George Clooney (Schumasher style!), de tomber d’accord sur de nombreux sujets MAIS d’être surtout fâché sur certains, il fallait trouver de nouvelles matières à débats. Peut-être aussi trop curieux après avoir entendu ces phrases au quatre coin du Monde : « tu verras c’est dans le Cathodic Overdose numéro 1… » « ce film n’est pas chroniqué dans le 1 ?… » « quoi tu n’as pas lu le N°2 ?»… Comme si on vous poussait à l’œuvre. Bon ça va j’ai compris ! Je m’y mets fissa Monsieur.
N’allez quand même pas croire que j’ai eu le couteau sous la gorge pour l’ouverture du ‘zine ! Je vous vois venir de loin avec vos gros sabots infernaux, mais ici je reste quand même le maître des lieux et j’en suis le seul coupable ! Coupable d’une bonne dose de fun en quelques mots bien sentis et quelques chroniques bien kiffantes. Enfin quelques c’est vite dit tellement le nombre s’entasse à plus d’une centaine. Premier essai pour le tenancier des Films du Placards, transformé en must du genre.

Fanzinat New Generation

Totalement dans la spontanéité, il n’y a même pas de sommaire pour présenter le feuillet mais bel et bien une playlist pour se plonger à 100% dans les écrits. Une bonne idée d’entrée de jeu, et même si je n’ai pas respecté à la lettre les recommandations j’en ai suivi pas mal.
Mais parlons plus du contenu. La ligne directrice du Cathodic Overdose ? Parler des films injustement passés sous silence malgré leur potentiel bien bonnard et leurs aspirations à être de plus gros films que ceux jetés en pâture dans les vieux bacs à 2€ du supermarché du coin ou carrément dans l’oubli. Et mes amis croyez-moi, il y a du très très bon là-dedans. J’ai déjà quelques découvertes qui valent le coup de mirettes. Je noterais en tête de liste Beyond the Black Rainbow qui, même sans l’avoir vu, m’intrigue au plus haut point. Mais ce n’en est qu’un seul que je nomme à froid parmi tant d’autres, parce que le Mighty Matt’ t’en sert des pelletés. Du Charles Band au Cronenberg, des disciples de Lynch & Refn aux directs to video puants et fumants, en passant par le maître Barker, il y a de tout ! En véritable amoureux du cinéma, il rend hommage à toutes ces pelloches avec sa petite équipe, dont Nasty Samy nous fera l’honneur de faire partie, avec une passion honnête et authentique nous donnant un avis clair, concis et plein d’amour. C’est d’une beauté simple et sincère avec ces quelques illustrations de bien belles factures et cette mise en page à l’ancienne follement réglée au centimètre près. En même temps en connaissant les activités de mise en page dans la presse indé’ du Mr. on se doute que le résultat ne va pas être dégueux du tout [c’est notamment lui qui s’est récemment occupé du B-Movie Posters de Damien Granger ou du Enjoy The Violence à venir de Jerémie Grima et Sam Guillerand, pour ne citer qu’eux].


Cathodic Overdose fait partie de ces fanzines où tu te croirais dans ton salon rempli de tes VHS, Disques, Fanzines et DVDs aux côtés de tes potes amoureux du cinéma. À la différence que toi tu es tout seul sur ton canapé. Avec ses différentes rubriques dédiées à ses chroniqueurs, on est facilement pris dans leurs pensées et discussions enfiévrées sur leurs bobines préférées. On n’a qu’une seule envie, leur répondre. Mais la barrière du papier rend la chose légèrement plus difficile ! On veut parfois crier au scandale, ou carrément appuyer leurs avis tranchés sur la question. C’est convivial, frais et vivifiant. Amen au fanzinat français, et au vrai ! (et peut-être un petit *$@# à la presse dite « spécialisée » en passant).

Howard Bartleh

CATHODIC OVERDOSE N°2 (2016)

CarhodicOverdose2Et comme on est entre de si bonnes mains et si bonne compagnie, on ne va pas fermer la porte et on va enchaîner directement sur le II. Aucune faute de goût à l’horizon et ça commence fort ! On me harponne direct à coup de Halloween III, de Cube ou autres Small Soldiers….comment dire non à ça ? Je me le demande bien aussi et c’est très compliqué. Mais ça fait un bien fou. Avec ce deuxième opus la famille s’agrandit. Et l’équipe aussi : avec le maintenant incontournable Roswelitto qui m’aura donner une bonne tranche de rire avec son Burrying the Ex, Poison Emy et ses illustrations pointilleuses, le Val des Cafards (son frère d’arme officiant de son côté dans La Fraîcheur des Cafards) ou encore Nasty Samy qui, même si il a raccroché la plume côté fanzinat, le hante encore de manière vivide.
On garde la même recette mais on la fait monter un peu plus : au programme toujours ces films boudés injustement, ces films du placards comme le Mighty Matt’ aime à les appeler/ranger, en mode redorage de blason dans les règles. Pour ne prendre qu’un exemple, ce Batman Forever qui mérite tellement plus que cette réputation médiocre… L’ayant revu récemment je ne peux que me ranger à ses côtés et hurler l’amour que j’ai pour le film ! Bref, loin d’être pompeux en défenseur sans âme invoquant des arguments bien intello’ qui gonflent vite, il nous parle avec ses sentiments les plus purs, avec le cœur, pour nous laisser une seconde chance… oui oui je dis bien nous ! Car nous sommes les seuls coupables, ces films n’ont rien à prouver et ils ne nous jugeront jamais. Nous sommes ceux qui nous plaçons toujours au dessus. Un public hautain comme jamais il ne l’a été. Mais redescendons un peu, Weird Science vaut le coup d’œil ! Joe Dante en fin de carrière mérite plus que tous les réal’ yesman serviles du monde. La saga Phantasm est à rallonge et tu n’as pas de temps à perdre ? Elle te donne quand même une chance parce qu’elle vaut son pesant de cacahuètes et tu en ressortiras grandi à coup sûr.
Accompagné d’une bonne dose de souvenirs touchants (quasi une marque de fabrique du fanzinat du grand Est [Slimezine, Everyday is like Sunday, La Fraîcheur des Cafards]), aucune langue de bois n’est prévue et ça défend toutes ces bobines qui dégoulinent, goreuses à souhait et toujours attirantes. Et ça pioche dans tous les genres, aucun élitisme : du splattergore aux teenmovies, du film de fantômes aux fantastiques fauchés, de l’action bas du front aux thriller contemplatifs poussés, on a absolument tout dans ces pages tant que ça rentre dans la seule règle ici-bas : si on aime ça vaut carrément le coup. On a même le droit aux divagations passionnels du tenancier, comme un journal intime qu’il nous ouvre un bref instant, avec au programme quelques pensées sur le Catch – le divertissement purement américain plus grand que nature expliqué simplement -, les jeux vidéos ou autres loisirs du quotidien ! Il y en a pour tout le monde je vous dis et répète, tous les goûts et toutes les couleurs…

On sent plus d’assurance dans ce numéro plus fourni avec une plume plus sûre et une direction artistique du bouzin plus poussée. En terme simple, c’est fait maison oui, mais c’est beau et à aucun moment on ne s’ennuie. Au contraire aux fils des pages le sourire s’agrandit jusqu’à ce que les nerfs nous lâchent. Au vu du sommaire j’étais déjà convaincu. Suite à la lecture le job est rempli plutôt deux fois qu’une. On commence par s’intéresser au dossier sur la filmo’ Refn (Pusher I,II,III, Bleeder, Drive, Bronson, Fear X, Valhalla Rising) qui en plus de donner envie de tout (re)voir nous apporte son lot d’informations. On passe ensuite aux classiques critiques de films avec les bonnes surprises et déceptions (Night of the Demons III qui, ayant adoré le 1er, m’a rendu bien triste à la lecture de cette critique le présentant sous un si mauvais éclairage…). Enfin bref, des bonnes bobines mises sous projo’ et des moins bonnes expliquées pourquoi, pour des avis bruts et bouillants mais jamais dénués d’intérêts et parsemés d’aspects techniques qui ont touché le Matt’ au profond. Tout ce qu’il aime est mis entre quatre pages avec un esprit « fuck le jugement, on aime ce qu’on aime et vive le libre arbitre. Vive ce qui nous fait vibrer et on emmerde le reste. » Un esprit Punk jusqu’au bout des doigts, tu n’aimes pas ? Et bah c’est pareil, même tarif !

C’est à te redonner le sourire et espoir en l’humanité c’te truc ! Depuis quelques années où la presse française du cinéma est carrément boudée par les amateurs, ça fait du bien de voir qu’il y a quand même des gens sérieux, connaisseurs et passionnés pour s’occuper du taff. La deuxième école du fanzinat qui marche en parallèle des grands Médusa, Trashtimes et autres Vidéotopsie qui eux sont plus dans l’analyse. Quelle est la meilleure ? Si vous voulez mon avis aucune des deux, on trouvera notre dose de bisserie dans chacune des deux. L’une dans le côté fun, décontracté, naturel avec souvenir touchant et ressenti brut. L’autre avec un académisme, une technique et une analyse folle. Sans oublier la PASSION, dénominateur commun à toutes ces publications. Les deux sont indispensables voilà tout, et tellement passionnant que j’ai bien du mal à retourner vers des lectures plus classiques ces derniers temps.

Enfin bref, pour en revenir sur Cathodic Overdose, il n’y a aucune limite au délire. Comme le dirait le Nasty Samy «  la nouvelle génération est là ». C’est un moyen de se plonger dans le monde du cinéma d’à côté et d’explorer sa psyché la plus pure. J’ai d’autant plus de sympathie pour le zine que je me retrouve totalement dans le choix de films, la ligne directrice et l’esprit qui l’anime. Bon il y a quand même deux trois points noirs à l’horizon, comme ce bashage systématique du Rob Zombie…et ça ça passe moyen par chez moi. On peut détruire son dernier film 31 ensemble : il n’y a pas de souci c’est une bouse infâme, je suis le premier à lui jeter le rocher. Mais sinon faut faire attention. Enfin bon on ne va pas se fâcher pour si peu.. ça serait dommage et ça gâcherait presque la lecture.

Cathodic3

Cathodic Overdose N°3 en commande notamment chez Sin’Art : http://www.sinart.asso.fr/cathodic-overdose-03-39575

Howard Bartleh

Retrouvez toute l’actualité du Mighty Matt’ et commandez Cathodic Overdose sur :
– https://www.facebook.com/Les-Films-du-Placard-1380699542258239/ 

Et la Monster Squad, site de quatre passionnés activistes qui parlent de ciné’ (mais pas que) qui chroniquent, interviewent et s’amusent, dont il fait partie :
– http://www.monsterssquad.com/
– https://www.facebook.com/pg/Monsters-Squad-760203414148449/posts/?ref=page_internal

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