PrisonLife – We’ll Bring The Whole Edifice Down On Their Unworthy Heads (2018)

Ma première rencontre avec le Sam se déroula avec le tout premier album des Black Zombie Procession dans les oreilles comme vous le savez (ou pas, mais maintenant c’est clair et vous pourrez pas dire ne pas être au courant). J’ai très vite enchaîné sur la discographie des Second Rate (avec la magnifique réédition vinyles chez Kicking Records), pour ensuite m’intéresser à ses penchants Surf et plus Punk-rock. J’ai entassé une masse de vinyles alors que je n’avais même pas de platine… mais que voulez vous ça bouillonnait et il me les fallait. Surtout qu’ils n’ont pas été inutiles bien longtemps, attendant la première occaz’ dès que mon père se barrait pour descendre et coller la galette sur sa platine. Un son de fou pendant quelques instants qui me faisait tout oublier. Et je peux vous assurer qu’il n’y a pas grand nombre de groupes qui peuvent témoigner de me faire tout oublier. Une longue longue histoire donc et un zicos qui me suit depuis des lustres on peut le dire. Avec des périodes « creuses » où je l’écoutais peut-être moins, non pas par manque d’envie mais vous savez ce que c’est, on a tous nos cycles et l’appétit insatiable de découvrir d’autres trucs a pris parfois le dessus. Quoiqu’il arrive, il est toujours là à me guetter sur les étagères de ma discothèque et un skeud finit toujours par trouver son chemin dans la chaîne.

a2851131625_10On le retrouve donc aujourd’hui en 2018, avec sa dernière offrande en date dans le monde indé’ hexagonale, accompagné de sa troupe des PrisonLife (Remz derrière les percu, Dj Anft au chant, Tik à la basse et le Nasty à la gratte). Après avoir enfoncé le clou métal avec le dernier BZP VOL IV : Héca-Tomb, il revient défoncer des gueules à coup de poing américain avec un son Hardcore très 90’s, violent et c’est sans équivoque. Cette fois non-pas dans l’horreur (même si tout m’a l’air bien lié avec cette pochette et ces quelques samples de bons films) mais dans les méandres de New York et sa vie carcérale, la plus dure, tight et sans pitié. On oublie Van Damme et ses aventures de Coup pour Coups qui paraissent maintenant bien légères en comparaison à la violence du skeud. Ici on entre dans le pénitencier avec comme seul mot d’ordre – Uncomprising, Violence and No Limit (pour ceux qui ne toperaient rien à l’anglais : Sans concession, Violence et No limite). Survie primale et loi du talion sont les maîtres mots. L’instinct prévaut sur la conscience pour la survie, comme il est de mise dans notre époque de merde. Et ça on le comprend bien quand on écoute le skeud. Une dizaine d’année après mon initiation dans son monde, quand on prend les extrêmes de sa musique (Pop/Power pop des Second Rate, Surf de ses Hawaii Samurai, Punk-rock-métal de ses Black Zombie Procession et Punk Rock de son Teenage Renegade) on pourrait être choqué de le retrouver dans l’extrême violence. Mais au contraire, tout est logique dans son parcours. Après une repousse des limites albums de Black Zombie Procession après album il atteint l’apothéose de la brutalité ici-même. C’est logique je vous dis, plus vénère que jamais et bien prêt à en découdre. On ne réfléchit pas, on en prend juste plein la face. C’est bien simple il ne faut pas chercher plus loin : c’est le meilleur disque hardcore que j’ai écouté depuis des lustres. Et des disques de hardcore, dieu seul sait que j’en ai écouté. Il a tout pour lui, le chant, les grattes, le riffing, les compos, la lourdeur, l’agressivité, la rawness et la puissance. Le projet réussit le pari d’être complet jusqu’au bout, et dans les moindres recoins de cellules (pas comme ces groupes comme les durs en apparence Harm’s Way que j’affectionne, mais qui ne tourneront jamais beaucoup, n’ayant uniquement qu’un seul côté qui sauve le groupe étant le chant).
Les chiens du mitard sont lâchés et ce contrôle de routine ne se fera pas sans douleur les mecs ! Alors on sert les dents et on attend patiemment que ça passe.

29512712_406043639860868_258060746888948535_nÔ joie que cet album. Sept titres, le saint chiffre qui prend toute son ampleur. Artwork de malade signé Niko TDM, qui résume bien les choses : ça saigne, c’est fou et c’est jouissif à souhait. Et on retrouve tout ce que j’aime chez le gazier, qui apporte sa touche non négligeable au groupe. Les palm-mutes inspirés (plus en valeur à la fin du skeud quand même) qui amène un groove appuyé au riff déjà dingue. Un son lourd, enrobé tout en étant tranchant et bien carré. Accompagné d’une frappe solide et sèche derrière les fûts, mais pas sans un certain charme. Ça vous fera bouger le popotin y a pas de doute, et même celui de mémé gronchon. Enfin un skeud qui lui conviendra à cette mégère devenue à moitié néonazi avec le temps. Et ça lui évitera de taper sur les mômes avec sa canne, qu’elle a transformé au fur et à mesure des chamailleries en batte-barbelé, et d’avoir encore des emmerdes avec le conseil du quartier pour cause de gamins défigurés.. À côté de ça Jean Phi derrière le Mic’ lâche tout. Une rage impressionnante déclamée, scandée et crachée à la gueule. Parfois il me ferait presque penser à un mix entre ElieBats (je ne sais pas si je suis influencé par mon amour de BZP, mais j’ose croire que non) pour le côté mélodique et un chant tout bonnement hardcore à la croisée d’un Rise of the Northstar et d’un Freddy de Madball par exemple. Un chant du coup bien plus intéressant qu’un chant basiquement hardcore, et même si il me fait penser dans le fond à quelques petits ingrédients extérieurs, vraiment unique et singulier dans le style. Et que dire de la basse si ce n’est qu’elle n’est pas innocente dans la lourdeur poussiéreuse des lieux. Coup de masse entre les omoplates à chaque note… mais on ne courbera pas l’échine les gars, fier on se relève et on encaisse !

Pour recentrer le débat, parce qu’il y a toujours débat dans la vie, le groupe ne tombe pas dans la facilité et est plus pensé et réfléchi que la masse classique de HxC insipide moderne, et recherche l’efficacité là où il y a l’originalité. Comme cette intro de la 3e piste qui frappe vraiment juste tout en ne cherchant pas à inspirer un néo Michel Ange pour son nouveau post twitter. Dommage pour les branles mous bobo intello qui n’en rate pas une pour analyser et vouloir identifier tout ce qu’il y a de plus compliqué dans la zic, mais ici grande classe peut aussi rimer avec simplicité. Et c’est tout à fait de mise : tout en montée, en effet dévastateur qui t’explose à la face et te scotche. Grand coup de schlass dans la rotule à tous ces porteurs de petits foulards à vapoteuse qui n’auront rien compris à la vraie classe. Parce que c’est ce qu’il est question dans cet album. Encore une fois un spirit qui impose le respect, une exécution sans faille et un cours sur la direction à suivre pour réussir et t’en coller une bonne dans la tronche niveau classe. Les septs titres passent à une vitesse folle et on saura surpris de se dire que c’est déjà fini… mais bordel on en veut plus nous, on a le sang à la bouche les mecs !
Cet album te donne envie d’hémoglobines ! Sang frais, on en serait presque à comprendre certains déglingués du ciboulot qui partent en quête de chair fraîche. Chose que j’ai remarqué aussi dans le hardcore depuis quelques années : cette fausse image « communautaire » qui s’en ressort. Une scène soit disant soudée imagée par des chœurs dans les chansons, des propos parfois de rassemblements etc. Mais ici que nenni, aux chiottes les bons sentiments on sait qui sont les patrons. Et si les chœurs sont parfois de la partie, c’est pour mieux te faire poser le genou à Terre et te faire baisser les yeux.

Les gaziers, en loubards du style, arrivent à s’approprier les codes, jouer avec et les tordre pour une seule chose : arriver à te surprendre dans ce style très codifié qui nous laissait de marbre et d’ennui depuis presque 20 ans. Pas commun on peut le dire, et ça fait un bien fou ! Les gars sont allés tellement loin qu’ils se sont créer leur propre style : Hatecore. On a pu être témoin de la haine depuis des années, mais on ne l’a jamais entendu à ce point. On aurait presque envie de se faire incarcérer pour se reprendre une bonne trempe de la part des gars dans la mouille.

Listen : PrisonLife – One Man WolfPack
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Skeud incontournable ? Je ne sais pas, mais en tout cas le meilleur sortie cette année et un bon gros fuck au reste qui ne se prend pas pour de la merde ! Du respect pour Besak et ses Vigilantes !

Howard Bartleh

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