Jack Black & the Tenacious D band – The Song of a Poet about Brotherhood, Love & Rock’n’Roll.

Ou quand l’hommage ne dépassera jamais l’originalité.

Chapitre I – Tenacious D (2001)

tenacious-d_cczq9mlli37v1J’ai mis du temps et eu beaucoup de mal à accepter le fait que j’aime Tenacious D. C’est encore aujourd’hui dur à dire. Et pourtant pas faute d’avoir essayé, mais je vois toujours les groupes parodiques comme une bonne blague dans l’univers de la musique (you don’t say?), des bon à rien à part faire marrer les petits beaufs… Ce n’est pas de la mauvaise foi mais c’est l’image que m’ont renvoyé tous les mecs qui se prenaient pour des « metalleux » qui gravitaient autour de moi durant mes années fac. Il y en avait surtout un…du genre malaisant à faire n’importe quoi pour attirer l’attention. Du genre à dessiner le logo + le nom Tenacious D sur tous ses cahiers et faute de tatouage sur ses avant-bras – attention je ne critique pas le fait de ne pas avoir de tattoo, moi même je n’en ai pas – il arrangeait ça au stylo bic… Pardonnez moi du ridicule du type, ça reniflait un peu le merdier plus que le punk cette histoire. Ça c’est ce qu’on appelle un gros fan ! Un de ceux qui rendrait presque jaloux Hallyday et toutes sa clique de bikers ainsi que Claude et ses claudettes. Mais poursuivons. Ce que je déteste par dessus tout, c’est surtout le fait qu’il se marre tellement plus des blagues qu’il ne s’intéresse à la musique en elle-même. Ça me débectait au plus haut point. Enfin se marrer… qu’il se bidonne comme un phoque à l’agonie et se trouve malin à répéter les blagues et dialogues en boucle en étant lourdingue option Gras-Double de l’humour. Un Frank Dubosc en devenir…et bordel ça me met encore hors de moi ! Je trouvais ça pathétique et juste lamentable, aujourd’hui j’ai la haine en y repensant. Parce que le mec n’était pas seul, et il ne l’est toujours pas croyez moi. C’est une race à part entière de mecs qui prennent la musique, le metal et rock comme un moyen de briller, de se faire voir et ne prennent rien au sérieux. Le gars qui croit que c’est cool de te chanter en boucle les paroles… Qui va aimer Metallica parce que c’est « cool » d’aimer Metallica. Qui va porter un tish Slayer, sans avoir écouté un seul de leurs morceaux, juste parce que c’est « stylé » d’avoir cette frusque sur le dos. Ils appartiennent tous à la même catégorie, et je les hais. Se faire voir pour se faire voir. Écouter pour se faire entendre et reluquer. Chercher l’admiration ou rien que la reconnaissance auprès des autres. Ce ne sont pas des vrais comme j’ai pris l’habitude à dire, terme qui fait marrer ma petite femme quand je l’emploie. Mais c’est réellement ça. Ils n’écoutent pas la zic et ne rentrent pas dans le délire pour les bonnes raisons. Et ils en recrachent un venin insupportable et deviennent le virus, l’épidémie du genre. Un vrai coup de poignard. Je t’y foutrai des mandales à tour de bras là-dedans. À bat leurs « moshpits » ridicules, moi je les taille à la machette comme je taillerais dans une jungle bien toufue. Je veux que leurs membres volent dans tous les sens et les voir souffrir ne serait-ce qu’un petit peu… Bref, excusez-moi, il faut se reprendre. On est bien là pour parler musique, partager et prendre du plaisir non ? Ils ont presque réussi à me dévier de mon but ces salopiauds.
Pour rebondir sur les Tenacious D, toute cette populace développe un véritable comble pour ce genre de groupe en faisant que la musique passe en second plan ! Pitoyable… On ne rigole pas avec la musique, il n’y a rien de plus sérieux !
71wmqcomM1L._SX355_C’est bête mais c’est sûrement largement pour ça que j’ai toujours eu du mal… pourtant j’ai un énorme faible pour Jack Black, l’un des mecs qui me fera toujours marrer quoiqu’il fasse. Même dans sa merde la plus infâme. Et de la merde, il a pu en faire croyez-moi. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’ai toujours été heureux de me dire qu’il s’était lancé dans la musique, avec l’espoir secret de le voir rouler sa bosse vers un coin de paradis moins comique et plus musical justement. Surtout avec le don du ciel que le bon dieu lui a fait en lui donnant un organe vocale si puissant. Luciano Pavarotti va te rhabiller, Jack Black est dans la place ! Mais malheureusement si on peut dire, on ne le refera pas et son image de grand guignol le suivra sans doute jusqu’au cercueil. Soit, qu’il en soit ainsi. Je ravale cette amertume et arrière goût beauf (et non bœuf sauté que j’aime tant) et je craque sur la disco’ de notre ventripotent préféré. Petit coffret dans l’appareil des plus simples : intégral trois albums en feuillet cartonné sorti par Sony. On perd un peu de la superbe, mais mon porte-monnaie me remerciera plus tard !
Bizarre de commencer un article comme ça vous devez penser, en rejetant complètement le mecton… Mais la suite est plus gentille et présente Jack sous un meilleur jour c’est promis !

Commence donc ce premier volet, aux grosses allures de comédie musicale (sans l’image bien sûr) racontant le quotidien et les déboires du groupe Tenacious D, composé de Jack Black et de son frère d’arme Kyle Gass. Groupe voulant briller et percer, voir même parfois se taper quelques gonzesses grâce au succès de leur rock ! Et pour arriver à leur fin ces inséparables se poignarderont dans le dos dès qu’ils en auront l’occasion… Quand ce n’est pas l’un qui critique le style de l’autre, c’est l’autre qui quitte le groupe. Quand ce n’est pas J.B. qui teste son camarade pour voir jusqu’où il peut aller, c’est bien Kyle qui essaye de l’empoisonner. Pas la marche à suivre pour faire qu’un groupe survive et soit pérenne dans le temps on est d’accord. Mais ça permet quand même de nourrir l’histoire du groupe sur déjà trois albums ça c’est sûr. Enfin comme tout fini par toujours bien se terminer dans le meilleur des mondes, et surtout le monde rigolo de Jack Black, l’amour fraternel et fusionnel des deux colosses du rock finira toujours par les réconcilier la larme à l’œil et le cœur rempli de passion l’un pour l’autre.
On rajoute à ces longues péripéties quelques confrontations avec Satan himself, Dieu incontesté du rock et metal comme tout un chacun le sait, et on obtient ce qui fait une histoire Tenacious D pure souche. Du rock, du Lucifer à gogo et Jack Black : comment toute cette histoire peut-elle être mauvaise ?
Outre le fait que c’est drôle de voir l’embryon d’un groupe se débattre pour réussir, se reconnaître parfois en se remémorant nos expériences passés de jeunes rebelles musiciens en quête de gloire (et surtout d’essayer de survivre à plus de deux répétitions dans le garage du pote Benji’, aussi médiocre que l’on était), on appréciera la construction de l’album en histoire avec ce gros fil rouge qui s’étend sur l’ensemble de la discographie, qui rend un tout vraiment cohérent. Inutile de préciser, même si je vais le faire quand même, que j’ai toujours préféré les albums présentant un concept fort, je me sens tellement plus investi dedans et vraiment pris à partie. Et même si c’est à but humoristique, ça marche quand même pas trop mal ici. On s’arrêtera là pour l’histoire puisque ce n’est pas ce qu’on est venu chercher, et on se focalisera bien sûr sur la musicalité de la bête. Voilà que les choses sérieuses commencent.

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Et le fond du propos n’est pas inintéressant ! Après avoir rejeté tous mes freins à l’immersion totale du duo (oui oui, je t’ai oublié toi camarade de Fac qui m’a fait grincer des dents plus d’une fois et qui fait ressurgir du malaise rien qu’en pensant à toi…), après avoir accepté que rire quelques secondes en écoutant de la musique ne me fera pas pourrir de l’intérieur et surtout pas devenir vraiment plus con que je ne le suis, j’ai pu balancer le cd. Recette folk à volonté de rocker jusqu’à ce que l’enfer s’ouvre sur Terre. Louable, et on sent l’amour de Jack pour la musique amplifiée. Évidemment grâce à sa carrière d’acteur et la masse énorme de pépettes qu’il a dû amasser, on entend tout de suite que le gars s’est donné les moyens d’arriver à ses fins et on aura l’oreille touchée par un son ultra propre, carré, soigné et très très formaté dans sa qualité. Pas de souci de ce côté là du coup, le gars est sincère et même si j’aurais préféré un truc plus intimiste et modeste dans le son (je ne dis pas crade hein, mais moins travaillé et plus spontané), je ne rechignerai pas. Un Blockbuster de la musique en somme. Mais soyons réaliste, il fait du bien. L’album est complet, assez varié dans son style et même si il n’est pas purement musical (toujours entrecoupé par les manifestations de nos protagonistes qui coupent un peu le rythme de l’album), il est honnête comme première pierre à l’édifice Tenace.

Je n’ai pu m’empêcher de rire quelques fois…et oui on a tous nos moments de faiblesse. Mais ce petit sourire hilare disparaît bien vite je vous rassure.
Des fois on regrettera carrément l’aspect parodique, grand guignol des paroles et des apartés entre les morceaux. Mais ça n’entache en rien le bonheur que j’ai à écouter Jack Black chanter, hurler avec mélodie ses vocalises et lyrics, même si elles sont peu inspirées et jouent plus le rôle de narration. Un premier album à l’allure d’hommage au genre. Divers, varié, folkement électrique pour un résultat des plus plaisants. Pas l’incontournable de la discothèque, mais un bon album fun qui finira même sur un « Hail Satan » ! Impossible de dire non à ça… surtout que l’histoire n’est pas finie pour les Tenacious D !

Chapitre II – The Pick of Destiny (2006)

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On peut dire que les deux loustics se sont bien trouvés ! Ils s’entendent comme cul et chemise, se complètent sur scène, sur le grand et petit écran. Des vrais frères d’armes et un véritable duo comme il ne s’en fait plus. Un peu comme Laurel et Hardy, Bud Spencer et Terence Hill ou même Starsky et Hutch – du rock. Après avoir enchaîné une mini série, un premier album et une comédie musicale au cinéma les mettant en scène, ils sortent la bande originale comme deuxième album. Loin d’être con comme idée, puisque le film renfermera quelques petites pépites bien connues du duo qui leur vaudra la reconnaissance éternelle, tel que « Beelzeboss » et « Master Exploder ». Film, et donc album, par lequel je les ai connus. Le film étant ce qu’il est, c’est-à-dire un espèce « d’incontournable » du Rock Movie au côté de Detroit Rock City et Wayne’s World, je l’ai bien évidemment vu assez tôt. D’où mon souvenir marquant d’une bobine qui me proposait une vraie comédie rock qui repoussait mes limites de l’humour de l’époque. L’humour made in USA d’un Jack Black encore inconnu pour moi. Blasé que j’étais de l’humour stand up à la french et cie c’était rafraîchissant. Et attention, à l’époque il n’y avait pas de Kev Adams et autres merdeux de la scène à faire des immondices de films et à se foutre ouvertement de la gueule du peuple pour engranger un max de tunes tout en ne se foulant pas le petit doigt… Mais c’était déjà trop lourd à supporter. Ce n’est vraiment pas mon kiffe et tous ces Gad Elmaleh, Dubosc, Florence Foresti (la pire de tous) ne faisait que faire grandir la haine en moi faute de rire. Je vous laisse donc imaginer mon état d’aujourd’hui. Pas glorieux et loin de me marrer tous les jours en faisant le bilan de l’humour en France. Enfin bref, de l’autre côté de l’Atlantique les gars étaient loin de la comédie française qui nous prend pour des cons et balançait un Humour pas très subtil voir carrément lourdingue, gros comme une maison mais assez efficace. Comme tout ce que les States ont fait, c’est bigger than life et ça fait réellement rêver. Des situations extraordinaires, absurdes et juste dingues. Loin des repas de famille qui dégénèrent parce que beau papa est raciste… Non aux States on a le droit à Lucifer qui vient sur Terre pour faire d’un mec sa petite prostituée personnelle, du cinéma quoi.

Pas si loin de Wayne’s World dans le fond, Tenacious D aura le mérite de rentrer dans un univers plus fantastique et assez « épique » pour en faire une véritable aventure. Avec la volonté d’en faire une vraie quête : Kyle et J.B. sont à la recherche de la dent de Satan, l‘artefact ultime à la forme d’un médiator capable de les faire jouer le meilleur rock de tous les temps et enfin devenir le groupe en tête de proue du metal.

pod10Film vraiment plaisant, qui ne me laisse que de bons souvenirs. Mais qu’en est-il de la bande originale. Et bien elle est rassurante. Véritable suite de leur premier opus, ce Pick of Destiny rattrapera les pots cassés de l’éponyme. Beaucoup plus digeste, plus court en apartés avec des compos plus efficaces. Un peu un comble pour une BO de film que d’avoir moins de dialogues qu’un album, mais que voulez-vous il confirme le talent de Jack à assurer le rock show. Évidemment c’est la même recette, mais l’album se sent moins en hommage évident et plus en grosse fête qui le fait aller dans toutes les directions. Un jolie bordel jouant la comédie, mais servant toujours le dieu ROCK’N’ROLL. Il y a des chansons plus marquantes (évidemment les déjà citées « Beelzeboss » et « Master Exploder ») avec en plus de ça des guests qui viennent ajouter une plus-value d’enfer. Outre Dave Grohl, qui m’a toujours laissé indifférent, les deux gugusses de guignols se payent le luxe d’avoir DIO himself en featuring sur l’ouverture… Alors là direct on sent que ça ne rigole plus. En véritable guide spirituel, il montre la voie à suivre à la troupe et annonce la couleur de l’album. En prenant le plus grand chanteur de l’histoire du métal, impossible d’être insensible ! Mais encore une fois la grosse cloche sonne et fait retentir le son « HOMMAGE » à pleine balle.

Comme d’habitude, on sent que Jack Black est investi et y met du sien, et dans des songs comme « Kickapoo », avec Dio donc, on ne serait pas étonné de voir que c’est de sa propre vie qu’il parle. La chanson met en scène un J.B. (à prononcer Jay Bi) enfant rejeté par sa famille et totalement perdu à cause de son amour du rock et son adoration pour DIO. Un sentiment partagé de tous, qu’on a pu vivre et n’ayant pour conséquence que de nous immiscer encore plus dans la passion de la musique. « Rock is not the devil’s work, it’s magical  and rad I’ll never rock as long as I am stuck here with my dad ». On l’a tous dit un jour n’est-ce pas ? En tout cas, ça sent le vécu à plein naseaux et je prendrai l’album comme j’ai envie de le prendre : un bon album où il s’amuse sans limite. « Master Exploder » évidemment avec ses vocalises juste dingues de puissance et de maîtrise. Une chanson remplit de tous, absolument TOUS, les clichés et stéréotypes possible du genre mais au résultat efficacement jouissif. Ou la balade larmichante « Dude (I totally miss you) ». Une facette absente du premier qui montre que derrière ce gros ventre de blague se cache un cœur et permet de bien rentrer dans la tradition du rock et ses dérivés sur la mythique balade. Exercice plus calme et subtil rempli d’émotion, incontournable et obligatoire pour faire un album qui se respecte. Pour la suite ça part dans tous les sens à l’image du film tout en respectant une seule volonté : faire du rock. Aucune surprise en somme sur la galette, si certains ont du mal avec la tambouille de base faut pas chercher à écouter plus. Mais du tout bon pour affirmer le taffe qu’ils ont accompli avec l’éponyme, et c’est validé par la maison ! Ça tombe bien parce que valider et apposer le tampon j’aime ça !
tenacious-d-in-the-pick-of-destiny-5af03520885a0Bon je me répète, c’est sûr que ça ne plaira pas à tout le monde et il ne faut pas être trop regardant sur l’originalité et la surprise. De même qu’il ne faut pas chercher à comprendre les paroles ni à se délecter de la poésie qui s’en dégage. Un album cool, sans plus diront les plus blasés, et bien suffisant pour un bon moment selon moi. Comme une bonne pizza sortie du four, quelques pancakes débordant de Nutella saupoudré de sucre glace ou d’un énorme beignet bien huileux à la framboise ! Ça rempli le ventre, ça fait bien plaisir sur le moment et même si tu n’en peux plus à la fin tu as le sourire gros comme une lune ! Et on ne lui en demande pas plus.

Chapitre III – Rize of the Fenix (2012)

091124a30adfb0499c52554bb26c1bdc.618x618x1Pour l’acte final on fait péter les porte-jaretelles, on laisse s’époumoner toutes les donzelles au premier rang et lâcher le haut pour nos deux stars confirmées du rock avec ce troisième opus de leur legacy : Rize of the Fenix (sorti en 2012). C’est indéniable, ils ont réussi à faire de leur musique du vrai rock à stadium et à faire un vrai bon album ! Opus subtil rien qu’à voir l’immondice de la pochette. Tu croyais voir un Fenix majestueux renaissant de ses cendres…. Approche-toi un peu. Prend du recul maintenant. Mais oui, c’est bien un énorme phallus que tu zieutes mon ami. Mais t’en fais pas, ça ne te fera pas changer de bord pour autant parce que c’est un album bel et bien plus couillu que les deux zinzins sortent après six ans d’absence. Bon aller, on leur accorde au moins la nuance d’avoir fait un Fenix représentant la survie du combo, alors qu’on les croyait éphémère et enterré à jamais. Renaissance de leur cendre après l’épisode Pick of Destiny, couplé du légendaire mauvais goût du duo pour le concept. Bien logique après tout en connaissant l’ami Black. On passe cette faute même si la symbolique est forte. Dans le fond on est chanceux que ça soit si explicite parce qu’on aurait pu mal comprendre mais c’est bel et bien le sujet central du skeud dont il est question. On continue dans les éternels déboires du groupe : après un gros hiatus où Kyle quitta encore une fois le groupe, devenant cette fois encore plus fou que d’habitude, il se reforme dans la plus belle des Bromances que le monde nous ait donné à entendre. Pas bien original nous dirons, même si les vidéoclips mis en boîte pour cet album sont vraiment cool. Que ce soit « To Be The Best » avec en guest un Val Kilmer devenu ventripotent à son tour pour ne pas faire tâche sur le tableau, ou même « Roadie » en mode hommage de l’équipe technique c’est du solide. Toujours aussi potache, mais on ne sera pas choqué par si peu. Tout est toujours aussi pro y a pas à chier, et comme dit précédemment si le fond de l’album ne sera pas ce qui m’attirera dans l’histoire du groupe, ça sera bel et bien les songs en elles-mêmes.

On sent que les freins ont été lâchés et que le Jack se fait plaisir comme jamais. Des hymnes rock’n’roll, flirtant avec le métal, inspirés folk et efficaces. En respectant vraiment les strates et codes de l’univers rock. On sent quelques fois, dès la première piste même, des constructions classiquement progressives issues d’un héritage Led Zeppien évident. Un héritage auquel ils rendent hommage avec « Rock is Dead » notamment. Véritable déclaration d’amour au rock, mais aussi un triste constat quant à son statut actuel… on ne fait pas de dessin c’est assez explicite, le rock est bel et bien mort. Toujours d’accord avec notre bon ami Jack, je n’en suis qu’encore plus ravi de l’entendre !
0a8efbb0f65cd89bc7284f58251157b1-640x360Une petite machine à tubes enchaînant la singlesque et efficace « Rize of the Fenix » avec un « Low Hangin fruit », kitchement de mauvais goût quand on écoute les paroles, mais diablement efficace ! Un esprit expéditif, presque punk, mais surtout rock’n’roll. Puis une « Roadie » tout aussi marquante. En plus d’être une bonne chanson, on sent le duo reconnaissant du taff des mecs cachés dans l’ombre et on les sent proches d’eux, malgré leur statut de presquestar. Jack Black est une icône avec son cinéma, mais n’est pas aussi connu dans le monde de la musique. Des semi rockstars donc avec les pieds sur terre et la rigolade avant tout, faisant la tournée des resto/bar concert quand il faut défendre l’opus par exemple. On peut le dire, ils ont un esprit humble. Même si certains trouveront toujours à redire et critiquer, à dire que c’est hypocrite, « gnaganagna image », « gnognogno fausse modestie » and shit. Je dis non. Loin d’être des Aerosmith à grosse tête, je veux croire en leur sincérité et laissez moi le faire. Ce n’est pas tous les groupes qui iront se ramener un midi dans un espèce de Drive-in pour faire un set devant le public à table, dévorant leur Burger et mâchouillant la gueule béante. On a rêvé mieux comme date, et je mettrais ma main à couper que des gros groupes ne se « rabaisseraient » pas à s’exécuter. Eux le font, et prennent un plaisir qu’ils ne cachent aucunement. Et rien que pour cet exemple je trouve ça beau.
Enfin bref, encore moins mis en scène (juste deux petites interventions) ils vont direct au but. Au final le band a taillé dans le gras d’album en album, lâché le superflu pour purifier la recette. Toujours la même c’est sûr, mais toujours de mieux en mieux. Il en reste encore un peu mais c’est foutrement bon de voir le band évoluer dans la bonne direction. « The Ballad of Hollywood Jack and the Rage Kageé » génialement émotionnelle et qui montre que Jack sait faire dans la subtilité. Vraiment belle chanson qui n’est pas loin d’être parfaite. On en pense ce qu’on en veut, moi j’adore l’entendre varier les thèmes et tons de voix ! Et à l’écoute de cette chanson je n’ai même plus envie de rire ! Comme la suivante, j’en oublie que le groupe a eu des vertus humoristiques, et ça c’est la plus belle récompense que le combo m’a offert avec cet album ! Et c’est ce qui le hisse bien plus haut que ses deux petits frères. Mon album préféré du groupe y a pas à tortiller du cul pour chier droit, et en mille mots comme en un seul j’adore cet album. C’est sûr il ne faut pas être allergique au gars, être tolérant avec ses tics vocaux (et même visuel que tu auras aucun mal à imaginer en écoutant la galette).

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On pourrait continuer comme ça pendant des heures. Moi qui n’avait aucune envie de le défendre au tout début, je suis maintenant porteur de bouclier de l’ami ! Attention je ne dis pas que c’est un génie de la musique et que ce sont des albums IN-CON-TOUR-NABLES. Mais faut dire ce qui est et Jack Black s’amuse comme un petit fou en sortant dans son coin des albums certes peu originaux, mais habités par l’amour, leur sincérité et toujours plaisant qu’importe le moment de la journée. Bon il arrive un moment où il faut quand même conclure et je dirais que l’album est juste un putain de kiffe sur toute la ligne. Pas de prétention à le prendre pour ce qu’il n’est pas, on sait pourquoi on va écouter du Tenacious D. Et c’est ça que j’aime, je ne suis jamais surpris, mais toujours la grosse banane devant cette machine à gros sons sincères, parfois rigolote et bonnarde ! Et quel plaisir de voir Jack Black nager comme un poisson dans l’eau au milieu de ses musiciens, donner suite à son petit Bébé qu’est Tenacious D et prendre son pied comme jamais on l’aura vu faire.
Si le cinéma est son métier, la musique est sa passion ça c’est sûr.

Et pour finir ce premier dossier, on pourra retenir que malgré toute la bonne volonté du monde, son amour inconditionnel pour la musique, pour sa générosité sans pareil, pour la bonne foi dont il fait preuve, le respect des règles dans sa musique, l’hommage qu’il veut rendre à ce qui lui tient à cœur et malgré toute l’objectivité que j’ai pour notre ami Jack Black, Il n’arrivera malheureusement jamais à se décoller cette grosse pancarte HOMMAGE qui le suit depuis les débuts de son groupe. C’est comme si il répondait à un cahier des charges du style, et qu’il ne débordera jamais, ne mordra jamais la ligne. It’s just a tribute, rien d’autre. Le vice de cette ligne directrice de ce genre de groupes parodiques, humoristiques et satiriques tel que Ultra Vomit ou même les Flight of the Conchords. Je n’ai jamais, ô non jamais accroché à cet esprit. Pour moi la musique restera toujours de la musique et je trouve que se reposer sur l’humour est bien feignant dans le concept. Puisqu’à couvert d’humour la musique est toujours laissée pour compte et sous exploitée. Rarement passionnante, rarement intéressante et surtout jamais originale pour un sou. Je fais une petite exception qui confirme la règle avec mon petit J.B.  Il a des trucs bien à lui qui me font y revenir de temps à autres. Mais bon le résultat n’est-il pas lassant sur le long terme ? Je ne sais pas, mais au final à part s’amuser c’est loin d’être indispensable. Après n’est-ce pas le but premier de la musique ? Pour beaucoup il n’en faut pas plus.

Howard Bartleh

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