Ceremony (1994), Joe Castro

Ceremony_666Me voilà avec Ceremony, sous titré 666, entre les mains. Une jaquette magnifique glanée à 1 € en double feature avec RATS (gros film bien bancal de 2h avec Ron Perlman au casting avec une VF des plus vomitives qui soit selon le trailer…) chez le vendeur d’affiches de Lyon. Et ouais, nous on est comme ça. On va chez un vendeur d’affiches, on en voit des merveilleuses (dont une de Phantasm II juste magnifique…) mais on en achète aucune et on ressort du shop avec ce double feature et Shadowbuilder, adaptation d’une histoire de Bram Stoker frôlant bien le bas du Bis voir le petit Z qui fait plaisir, dans les paluches. Petite erreur de parcours mais passons, c’était bien marrant et au moins on aura rien à faire encadrer et les économies vont pour le mieux.

En tout cas avec Ceremony on tient réellement un gros Z qui tâche, bien fauché des familles, amateur comme jamais dans la réalisation et surtout dans le jeu. On croirait voir le résultat des premiers essais cinéma de ton voisin qui a piqué le caméscope de tonton, celui qu’il utilise bien sûr pour filmer ses petites réunions théâtrales du vendredi soir. Bizarrement il a jamais voulu les montrer ses répétitions… Mais là n’est pas la question, ce fameux voisin sera tout fier de te montrer ses immondices bien loin du conservatoire. Au moins il aura le mérite d’avoir œuvré avec le cœur et de s’être marré entre pote. Ce qui n’est pas le cas de Ceremony qui à la prétention d’être un vrai film et qui pue dès le début. Sans trop te mouiller tu sens vite fait que ça va très mal se passer.

Mais les gars te la jouent bien fourbe et manipulateur en te balançant Satan en personne dès les premières minutes. Une putain de surprise totalement magique que ce Satan qui va te scotcher sur ton fauteuil pour le reste de la bobine en te faisant espérer une autre apparition aussi classe que celle-là. Et je tiens vraiment à insister sur le fait qu’elle soit vraiment vraiment classe, parce qu’on le dise quand ça ne va pas c’est facile et on insiste des tonnes à chaque fois jusqu’à en être lourd ; mais faut aussi dire quand ça va. Et là on peut déclarer ce qu’on veut sur cette pelloche, l’amateurisme fumant, l’image dégueulasse et le jeu merdique, mais l’apparition du Malin est une merveille en elle-même qui justifie l’achat du DVD-ROM. Un monstre sublime avec un maquillage ultra pro et dingue en mode traditionnel bouquetin du bas des légendes chrétiennes (sans queue fourchue mais on accepte cet agréable détail en moins qui le rend plus glauque et moins cartoon) et gros démon bien salace du dessus. Loin d’être rouge, il est poussiéreux et bestial voir carrément inquiétant. On en est à se demander si tout le budget, aussi rikiki soit-il, n’est pas uniquement rentré dans ce costume magnifique. Après il n’est pas étonnant de voir que le monstre soit stylé quand on sait que le mec qui tient la caméra vient du milieu des SFX, notamment en ayant travailler sur Night of the Demons III et la saga Terror Toons. Pas du film de fou, mais du travail honnête en terme d’effets/costumes quand même. Et inutile de rajouter qu’il n’en va d’aucune surprise sur le fait que ça soit le démon qui fut utilisé pour apparaître sur la jaquette du film.

a8f0da961af4Malheureusement c’est après cette brève apparition que le film remonte de 666 étages pour revenir les pieds sur Terre et oublier les bonnes sensations. Il ne se réveillera qu’à quelques moments ponctuels par quelques effets spéciaux bien pesés sur la fin (dont un plan identique du Satan sur vieille incruste de flamme… bien dommage parce que c’est ultra laid et même la toute petite consolation de pouvoir admirer une nouvelle fois le monstre sera gâchée et ne rattrapera rien). On notera une explosion de boîte crânienne juste hallucinante en mode Scanners vers le début ou encore une transformation bien cool en démon des enfers du personnage maléfique central de l’histoire. Pas au point du dit Satan, mais ça respire quand même le travail d’un homme qui aime faire son œuvre et qui le réalise bien avec les moyens du bord. Pas mirobolant, on remarquera la prothèse des cornes, mais ça fait quand même bien plaisir ; et on finira cette liste par cette vision infernale des enfers de la fin du métrage qui sent le plastique à fond avec ces squelettes achetés sans doute au rabais chez un magasin de farces et attrapes du coin, mais c’est quand même agréable en comparaison de la pudeur et de l’ennuie du reste du film. Parce que ouais il ne se passe pas énormément de choses intéressantes et ce n’est pas le jeu des acteurs qui va nous happer dedans, et encore moins cette histoire téléphonée et syncopée.

Il y a 1400 ans le Christ rejoint pour de bon son père le bon Dieu au paradis et prend place à sa droite. Une ange jalouse de la position du Jésus pistonné comme jamais est punie pour ce péché. Et ouais, être jaloux ne sert jamais à rien et Dieu le lui montrera bien, non pas en l’envoyant en Enfer (parce que c’est bien trop facile) mais en l’envoyant sur Terre. Un châtiment bien plus horrible. D’autant plus que Satan, voyant l’être faible, la corrompt jusqu’à la moelle. Ça lui fait une belle jambe, et Dieu doit bien s’en mordre les doigts d’avoir fait le mauvais choix, car l’ange déchu aura pour but de vie à partir de ce moment d’occire les non croyants en dieu (les faisant devenir de la chair à canon pour le Diable) et tourmenter le reste des vivants. Une vie éternelle de fun en perspective. Dans le fond l’ouverture n’est pas inintéressante, et comme je l’ai dit récompensera le spectateur d’une vision du Diable juste magnifique. Mais le reste sera bien lent et poussif. Le tout mis en relief par une voix off des plus inexpressives qu’il m’ait été donné d’entendre. Comment ne pas se faire chier quand la voix qui est censée te captiver est en train de balancer son texte sans y croire, en pensant déjà à la sauterie du soir qui l’attend. Ouais bien difficile je vous l’accorde. Le premier acte se termine là-dessus et on quitte notre ange déchu. Quelques minutes du film qui plantent le décors qui nous paraissent déjà interminable. Ennuyeuses oui mais elles ont quand même réussi à nous titiller un minimum par cet ésotérisme et cette ambiance occulte. Il en fallait pour nous faire continuer à regarder cette pépite.

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Quelques 1400 années plus tard (je trouve cette construction horrible, mais je me devais de rendre hommage à un personnage qui l’utilisera en sortant ridiculement « depuis ces quelques 25 années que je suis là »…effectivement c’est un dialogue de gougnafier bien horrible), on se retrouve face à face avec notre héroïne Sylvia en prise à des cauchemars affreux. Une scène assez jolie sur fond bleuté, tout de brume vêtue où son père la met en garde d’un certain « cercle » maléfique avant de se faire sauter la cervelle. Hmm ça pue le rêve prémonitoire et on aura tout à fait raison. Car dès la séquence d’après on soupçonne la jeune fille d’être en lien direct avec l’ange déchu du premier acte quand elle invite de parfaits inconnus à se joindre à elle pour une expérience religieuse des plus inédites et folles. Tout ça selon ses dires. On ne pourra malheureusement que soupçonner, jouer aux devinettes et trouver le scénario par pur hasard tellement les dialogues sont vides, sans intérêt et rendent l’histoire plus confuse qu’autre chose. Mais au final ce n’est pas un énorme souci, tout ça n’est pas bien compliqué et on s’y retrouvera quand même dans ce beau merdier. Sylvia invite donc sa clique pour l’aider : Mr Robinson, professeur en dieulogie (?- il l’utilise lui même pour expliquer ce qu’il enseigne), Alex une petite meuf trop sûr d’elle, Claire sa meilleure amie et un couple d’ingénu (dont les noms m’échappent et impossible de retrouver ne serait-ce qu’une petite trace sur le net de leurs noms dans le film). Mais l’aider dans quoi ? Parce qu’à ce point de l’histoire on en sait autant que ses mystérieux invités, c’est-à-dire que-dalle si ce n’est que ça touche de près ou de loin à Dieu. Avare en réponse, elle ne dévoilera que tardivement l’intrigue du film.
Un moyen scénaristique très très maladroit de créer un suspens, qui malheureusement n’existe pas, pour attiser la curiosité du spectateur. Une curiosité inexistante finalement tellement le jeu des acteurs, si on peut appeler ça des acteurs, est approximatif, les dialogues creux et les doublages encore plus à chier que le reste.
Enfin bref, on se formalise pour des broutilles car c’est sérieux merde : Sylvia est en possession de la prison de l’ange déchu qui doit passer par la case jugement divin en ce jour fatidique. Une prophétie qui tombe bien ! Même si l’ange est un petit peu en retard (je ne rigole pas, petite scène de gag pour désamorcer une quelconque tension…), Elle finit par apparaître. S’ensuit donc le cœur de l’action, car rien ne se passera comme prévu et le démon se fera une joie de retrouver son activité préférée…faire chier tout le monde. Un jeu de cache-cache prendra lieu dans cette villa, où elle essaiera de tuer chaque participant un à un ! Et elle y serait arrivé si la femme de ménage de la maison n’était pas venue donner un coup de main à Sylvia pour en finir avec l’ange devenu bête démoniaque. Enfin un coup de main, un coup de balai plutôt !
Grâce à cette brave femme à la tache ingrate tout peut rentrer dans l’ordre, le démon est soit disant jugé (je dis bien « soit disant » parce qu’encore aujourd’hui je n’en suis pas sûr) et comme par magie tout le monde revient à la vie. Et oui… tout ça pour ça. C’est aussi ce que je me suis dit une fois le film fini : À quoi bon tuer tout le monde si c’est pour les faire revenir un à un à la dernière minute par acte divin. Enfin tout le monde… presque car Mr Davidson lui sera bel et bien mort… Finalement un non croyant comme on s’en serait douté, Dieu le laissera dans sa merde infernale et doit bien se marrer en le voyant rôtir. Quel b***** quand même ! Et on dit qu’il a bon fond… Il a plutôt l’air d’agir que par intérêt finalement. Aussi pervers que Satan le petit barbu.

Le film se terminera donc par un essai d’explication à la mort-moi-le-nœud scientifique et intellectuel avec des mots bien compliqués du père pour noyer le poisson de ce gros tas de purin en annonçant que c’est bel et bien fini. Jugement donc réussi ma foi. Mais ne partez pas de l’écran parce que l’on a le droit à un flash final sur une vision infernale qui te font te dire que tu n’es pas resté jusqu’au bout totalement pour rien…

« Une expérience qui restera gravée en toi » que le père dira à son enfant… l’a pas tord le papy, l’a pas tord… ça restera bien gravé en moi mais pas pour les mêmes raisons que Sylvia.

Donc oui il se passe des choses, et puis pas mal durant cette nuit de simili exorcisme de l’ange déchu, quelques agressions titillant la morale religieuse, des moments de panique des protagonistes et des confrontations directes. Mais comme je l’ai dit ci-dessus rien ne sera bien intéressant pour nous. Soit à cause d’un jeu totalement à côté de la plaque à en faire des caisses quand il ne faut pas et être totalement inexpressif quand il faudrait bouger un peu. Soit carrément à cause d’une réalisation très bricolée approximativement avec un découpage plus que foireux. Du gros Z amateur comme on n’en fait plus, encore plus appuyé par une version dvd avec un son merdique et une image vhs cradingue. D’ailleurs, comment se fait-il qu’un dvd ait vu le jour ? Grande question de l’univers. Une de plus.
Les deux-trois effets gores valent quand même le détour, voir le Christ verser une larme de sang ça ne fait jamais de mal bien au contraire ! Et assister à un gros spectacle présentant le diable c’est toujours kiffant. Surtout pour moi, qui je ne sais par quel événement dans ma vie adore tout ce qui touche de prêt ou de loin à un quelconque occultisme, satanisme où ça titille la religion chrétienne. Un charme glauque à n’en pas douter. Mais rien de plus ne ressortira du film.

Vaut-il alors ces 0.50 € ? Si l’on estime ces quelques secondes d’admiration pour le monstre du début, j’ai envie d’y croire et de dire oui. Mais sinon bon pour la poubelle, ne vous faites même pas chier à le regarder. Contentez-vous de la bande annonce, elle est carrément mieux montée et vous y verrez ce qui peut être sauvé. Ou pour les plus feignants juste une photo du monstre fera l’affaire. Et comme je suis généreux la voilà : 

Sans titre
De très mauvaise qualité et pas sous son meilleur angle mais que voulez-vous je n’ai pas eu le luxe d’avoir le choix. Ça permet juste de se donner une petite idée.

Howard Bartleh

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