Retour vers le Futur II (1989), Robert Zemeckis

affiche-retour-vers-le-futur-2La tâche, que l’on sait tous ardue, de faire une suite de qualité pour un gros succès est pour le coup et en toute logique une étape particulière et compliquée pour chaque réalisateur. Beaucoup de pression, de travail pour se réinventer tout en faisant plaisir aux fans de la première heure. Le tout en gardant la fraîcheur du premier jour. Un peu comme une histoire amoureuse qui perdure depuis des années dans le fond. Un couple enchaîné par les liens du mariage et peut-être même d’un ou deux chiards dans les pattes. On le sait tous que nos belles évitent de devenir laiderons avec le temps et les évènements, mais il arrive parfois que cet essai se transforme en gros loupé…et qu’elles finissent souvent par plus ressembler à Mme Doubtfire qu’à la charmante Monica Bellucci ,malheureusement pour nous. Jamais beau de vieillir…et encore moins à deux.
Mais revenons à nos bobines, et sur le défi qu’un réalisateur a toujours à relever avec une suite. Un défi tellement dur que l’on se souviendra beaucoup plus de ceux qui auront échoué dans les règles de l’art (l’horrible Quantum of Solace des James Bond avec Daniel Craig, Anchorman II, Le Fils du Mask ou encore Highlander II qui éclipse totalement le taffe du premier), et que l’on finira par applaudir haut et fort ceux qui n’auront réussi qu’à égaler leur premier joujou au meilleur des cas. Je ne parle évidemment pas des sagas anthologiques, tel qu’un Alien déjà bien décortiqué dans ces pages, qui ne vivent que par leurs différences des autres opus et leurs particularités. Et encore moins des sagas à rallonge qui comme chacun le sait sont toutes dans leurs longueurs inégales de qualités avec des préférences propres à chacun. Non, on parle bien des suites comme ces agréables Famille Addams II, Men in Black II voir du III (du même réal’ Barry Sonnenfeld tient… il avait du bon flair l’amigo) qui sans faire oublier les premiers se hissent gentiment à leurs côtés. Frais, agréables et apportant un petit sourire innocent sur notre visage quand on voit nos personnages adorés prendre vie une seconde fois. En dessous oui ces films le sont, mais rien de méchant qui nous fera passer un mauvais moment – au contraire.

Avec Zemeckis on attaque la troisième catégorie. Celle des suites surpassant les premiers épisodes ! Une catégorie de nantis, un club fermé où faut se battre pour avoir sa place ! Un combat à mort et sans pitié, car comme le veut la légende : quand un nouveau rentre dans ce panthéon un ancien se meurt. Oui oui véridique, lu ça dans «Le Nouveau Testament Des Suites Réussies ». Enfin bref, quand d’autres invoquent Terminator 2 en porte étendard (je serai toujours adepte du premier plus cru et sauvage), pour moi aucun doute n’est permis : Zemeckis est sur le podium avec son Retour vers le Futur II ! Pas si loin d’un Ghostbusters II d’ailleurs, qui restera l’une des meilleures suites jamais créées surpassant largement le premier. Dommage pour ce Ghostbuster car son heure n’est pas encore venue. C’est bien sûr Bob qui nous intéresse ici comme vous l’aurez compris.

Eh ouais, avec le temps on est devenu intime avec Robert et je l’appelle Bob sans souci. Ne soyez pas jaloux, pour si peu ça sert vraiment à rien. Après avouez-le, personne ne peut témoigner d’avoir été aussi proche du gars ? Il est quand même l’un des deux seuls réalisateurs qui ont à jamais illuminé mon enfance, tel un phare pour un titanic en perdition. À chaque fois je replonge directement dans ces jeunes années sûrement fantasmées, mais surtout maintes fois rêvées. Le deuxième étant Joe Dante (mais comme vous l’aurez remarqué on peut pas déjà faire plus court que « Joe ») qui me balance tous ces souvenirs réellement palpables à la face avec ses Gremlins de Noël. Je pourrais vous décrire dans quelles conditions je l’ai découvert, vu et revu. Ce salon tout de meubles boisés de mon oncle, à la tapisserie de grand-mère, ce long tapis, les odeurs du repas de Noël fini et moi, petit nain de 6-7 ans, avachi sur le canapé pleins d‘épuisement de chocolats devant ce bijou.
Bizarrement avec Retour vers le Futur je n’ai aucune image qui me vienne en tête… Aucun contexte. Sûrement dû à ma jeunesse tumultueuse (problèmes de famille que l’on croit uniques jusqu’au jour où on se rend compte que tout le monde les a en fin de compte… rien de bien original donc à raconter là-dessus). Mais ce qui est sûr c’est que je les ai vu un nombre incalculable de fois, et surtout celui-là ! L’épisode de la trilogie le plus kiffant pour un gosse avec ce futur fou aux voitures volantes, aux hologrammes géants mangeurs d’hommes et de skateboards volants partout ! Du kiffe en barre qui m’aura bien marqué. À tel point qu’avant de le redécouvrir, je me suis rendu compte que les seuls souvenirs de gosse qui me restaient sont uniquement les passages dans le futur. Pour faire court, ça brille de partout, ça fait rêver et c’était l’image que j’avais adopté du futur quand j’étais môme ! Maintenant qu’on est en 2018 et qu’on a dépassé de quelques années la date où se situe le film (2015), on déchante vite fait, moi qui vous le dit… Pas de voiture volante, pas de cinéma holographique, encore moins d’implant mécanique et quasi pas de bar 80’s (enfin qui sait ça, ça ne saurait venir avec ce revival des années 80 qui tient toujours bon…). Mais qu’importe, gosse j’en avais le sourire jusqu’aux oreilles, à t’en faire pâlir un Conrad Veidt au sommet de son hilarité.

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Donc à la fin des mésaventures du premier opus, Doc’, Marty et Einstein décident de partir à l’assaut du futur. Cool idée, si ce n’est que Jennifer est de la partie… pourquoi cette réticence ? Bah assaillez vous bien, le Père Bartleh a une petite histoire. 1985, Zemeckis réalise son Retour vers le futur, film révolutionnaire et mythique mais qui n’a pour but de vivre que par lui-même. En petit farceur et voulant finir sur un petit cliffhanger bien sympa, il achève cette beauté plastique sur une petite blague pour clore le film en apothéose. Suite à des soucis inexpliqués par le Doc Brown, Marty & Jennifer doivent accompagner ce dernier dans le futur. En 2015 pour être exact. Un suspens ponctuant le film d’un supposé point final. Manque de pot pour l’équipe, le film rencontre assez de succès pour que la production demande une suite sur-le-champ et faire que ce qui n’était qu’une blague doit devenir l’élément central du film… Un véritable casse-tête pour les gars qui rient maintenant jaune de leur blague, car ils ne trouvent aucune solution pour inclure Jennifer au scénar’ et à l’intrigue centrale du film. Et encore une fois après pas mal de brainstormings : contrainte devient magie. Ils accouchent d’une suite surpassant en tout point le premier.

Kh5njhllHNEFiHpgS6t4faOIWkQSuite donc au premier, et aux problèmes que la descendances de Marty et Jennifer rencontrent en 2015 (petite astuce scénaristique incluant Jennifer à l’histoire comme vous pouvez le constater), notre trio (quatuor si on compte Einstein) s’envole vers le futur. J’en ai assez parlé dans mon introduction, donc je ne rajouterai juste que c’est dans ce futur si idyllique que Marty fautera comme un bleu entraînant une réaction en chaîne de gaffes se répercutant dans le temps posant les péripéties du métrage. Je sais, on ne peut pas faire plus flou ! Mais j’en dis déjà assez dans l’article pour ne pas tout spoiler en vous racontant toute l’histoire donc faudra s’en contenter.

BACK FROM THE FUTURE : deuxième partie en chantier, le film devient plus que référentiel, référencé et magnifique. Sans dévoiler les tenants et aboutissants de l’histoire, comme tout n’a encore une fois pas roulé comme sur des roulettes dans le futur (ou absence de roulette plutôt) Marty et Doc’, pourtant soulagés de revenir en 1985, découvrent un monde en perdition et ravagé comme après une petite explosion de Bombe A. Okay, pour Marty ça craint sa race, lui qui a perdu gros dans l’aventure et n’a pas gagné grand-chose en contrepartie… mais avouez les gars que nous on se régale de l’autre côté de l’écran ! C’est juste magnifique et j’aurais presque l’impression de me retrouver devant Los Angeles 2013 de l’ami Carpenter ! C’est laissé à l’abandon, des carcasses de voitures brûlent à tous les coins de rues, les loubards sont maîtres des lieux et le plus grand des Caïd règne sur ce HillValley1985. Manque plus qu’un Kurt Russell au tableau, parce que le reste on l’a. Fusillades, meurtres, injustices, vigilante (Strickland sans pitié) et j’en passe. Et bien sûr décors made in 80’s qui donnent toute la magie au film.
Mais il n’y a pas que ça, et j’ai été même tout excité à la vue de ce cimetière, qui même dans cette réalité dystopique garde une ambiance gothique à souhait. Un orage qui craque, des tombes de travioles, une pluie battante et presque une petite brume au sol. Bon la brume c’est moi qui la rajoute, mais regardez la scène vous verrez de quoi je parle. La Hammer n’est pas si loin, et je ne serais pas étonné si l’un de vous me disait qu’il a vu un vampire ou un fantôme dans le coin de l’écran.

600px-Back-to-the-Future-357Jouissif à souhait, mais attendez je n’ai encore rien dit. Parce qu’en plus de ça, ce qui est déjà pas mal vous me allez me dire, le film se centre carrément plus sur Biff Tannen, qui au cas où vous l’avez oublié est mon personnage préféré de la saga ! Jouissif, rien d‘autre à dire. Je vous dis de le voir pour le croire, moins con qu’à l’accoutumé et surtout carrément plus badass ! Déjà si à partir de là vous n’avez pas compris pourquoi le II est une grosse success story dans la balance des suites géniales, je ne sais pas ce qu’il vous faut…Enfin presque, parce que j’ai ce qu’il faut dans la poche !

Le dernier tableau du film s’illustre avec un voyage des plus complexes dans le passé. De retour une nouvelle fois en 1955 ! Vous commencez à comprendre ? À comprendre pourquoi c’est le meilleur ? Si vous n’étiez pas convaincu, voilà de quoi vous ravir ! Le film explore le futur dans ses débuts, revient dans un présent alternatif de toute beauté et ils reviennent visiter les événements du un ! On a tout dans ce deuxième, TOUT ! Et c’est magnifiquement réalisé. Avec un soin tout particulier pour ne pas créer de paradoxe, Marty revient sur les lieux du premier, nous montre l’envers du décors et nous permet même d’explorer encore plus l’univers en se rapprochant de Biff (fuck yeah!). D’un point de vue purement technique, je suis toujours admiratif de ce côté « à côté » justement qui nous fait revivre les séquences iconiques du premier mais d’un autre point de vu. Voir Marty jouer Johnny Be Good sur scène, cette fois-ci non en le suivant, mais en le remarquant au loin du fond du public par exemple. Pareil avec George McFly envoyant au tapis Biff, cette fois aperçu par la fenêtre du bureau du jeune et beau Strickland. Ça rajoute une complexité dans l’histoire, qui est gérée et réglée avec une minutie d’horloger. Film ultra complet, plein à craquer d’info’, de maîtrise et qui rebondit de partout. Comme dirait l’autre : « Plus y en a, mieux c’est » ! Pas toujours d’accord avec ça, mais là plutôt deux fois qu’une ! Quoi rajouter de plus à ça.

Comme on l’a vu le film frappe à tous les niveaux, bouffe à tous les râteliers et tape juste à chaque fois. Un film, trois ambiances, trois époques, toutes liées pour une putain de bobine. Impossible de ne pas dire qu’il est le meilleur ! Il ressort le meilleur du un, et en rajoute tellement d’originalité que ça en devient vertigineux de plaisir. Il aurait été facile de se planter à vouloir trop faire, mais le futur comme dis au dessus, est juste magnifique. Tous les détails sont là, Hill Valey a muté mais on l’a reconnaît sans aucune hésitation, chaque coin de rue, chaque pavé. Et chose que je n’avais pas mentionné au dessus, mais le gros travail sur la réappropriation du premier est juste époustouflant. Des événements marquants qui reviennent dans le futur, comme dirait Biff « Un petit sentiment de déjà-vu ». Oui du déjà-vu, mais pas gratuit et vraiment justifié à la perfection, tellement qu’on ne se retrouve pas devant l’écran en se disant « ah ouais, fan service c’est facile… » mais on réagit avec exclamations et roulades au sol ! Vous croyez que j’exagère ? Peut-être un peu, mais je n’en étais pas loin ! Comme pourrait le dire Doc’ : l’espace temps se fait échos et ce qu’on ne croit être que des détails sont des petits rebonds qui se répercutent à travers le temps, les époques et les lieux !
C’est tout bonnement un chef d’œuvre d’histoire et de réalisation. Le film sait rester simple dans sa complexité et nous livre juste un gros spectacle, adapté pour tout le monde, en ne laissant personne derrière. Pas pour rien que Bartleh d’à peine 10 ans (si ce n’est moins) voyait des étoiles en le matant, et que celui de 25 ans en est toujours au même stade. Allez pas me dire que c’est parce que j’ai pas grandit, parce que oui je suis petit mais c’est trop facile ! Ce n’est pas pour ça que je ne suis pas devenu plus mature bordel. Mais c’est juste qu’il est parfait. Rythmé jusqu’au bout des couilles, le film ne te laissera même pas voir si il a des défauts ou pas ! Il se passe toujours quelque chose, et même quand on croit qu’il ne peut plus rien nous donner (c’est-à-dire au dénouement des péripéties) le film continue de plus belle et te ressort de belles pirouettes à coup de porte dans la face, de scènes d’actions prenantes et de courses poursuites épiques. Même quand tu penses que le générique va tomber, ce n’est pas avec une pirouette mais un double salto arrière en double cambré scénaristique qu’il te promet de belles choses pour la suite des évènements !

J’en ressors repu, limite coupable d’en avoir repris autant mais tellement content ! Il ne reste que le troisième opus pour finir cette trilogie avec les honneurs qu’elle mérite.

Pour Alesthan, ce toujours aussi mystérieux « pote ».

Howard Bartleh

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